Le tribunal de Marseille a entendu, ce lundi, les réquisitions de l’avocat général concernant Gabriel Ory, surnommé "Gaby", et Amine Oualane, connu sous le pseudonyme "Mamine". Ils sont jugés pour leur rôle présumé dans un double meurtre qui a eu lieu en 2019.
L'accusation a demandé une peine de réclusion à perpétuité pour Gaby, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, ainsi qu'une peine de 18 ans de prison contre Mamine. Tous deux sont accussés d'avoir joué un rôle clé dans la préparation de cette exécution, un acte qui a marqué une escalade de la violence à Marseille.
En outre, l’avocate générale a également dénoncé la menace que représentent les commanditaires présumés, Karim Harrat et Walid Bara, ce dernier étant en fuite, mais visé par un mandat d'arrêt. Les peines de 30 ans de prison ont été requises contre Zaineddine Ahamada, le tireur présumé, et son complice, Adrien Faure, qui aurait aidé à l'exécution du plan.
Des antécédents criminels pesants
Dans un réquisitoire de trois heures, l’avocate a rappelé à la cour que les accusés, tous avec des antécédents criminels significatifs – plusieurs d'entre eux étant impliqués dans d'autres affaires de meurtre liées au narcotrafic – doivent être jugés comme tout autre citoyen. "La vie humaine, quelle qu'elle soit, a de la valeur", a-t-elle insisté.
Ce procès ne se limite pas à une querelle entre deux groupes criminels. Il est révélateur d'une violence croissante dans la région, reflet d’un contexte socio-économique tendu. "Ce n'est pas le procès d'un clan mais celui de six hommes, motivés par une seule ambition : tuer", a-t-elle précisé.
Des actes mortels dont il faut mettre un terme
Les assassinats en question remontent au 30 août 2019. Deux corps ont été découverts dans une chambre d'hôtel par une femme de ménage. La première victime, Farid Tir, 29 ans, récemment sorti de prison, et son ami, Mohamed Benjaghlouli, ont tous deux été tués par balles dans ce qui semble être un règlement de comptes lié à des rivalités dans le milieu du trafic de drogue.
Les demandes de peine sont également une réponse nécessaire face à l'évolution inquiétante de la criminalité à Marseille, où, selon l’avocate générale, de jeunes délinquants passent rapidement d'infractions mineures à des actes de violence extrême. Ce procès, qui a débuté le 23 mars, a connu des retards dus à des incidents lors des audiences et devrait se conclure prochainement.







