Lors d'une intervention sur France 2, la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a plaidé avec force pour que tous les professionnels ayant des interactions avec les enfants soient soumis à un contrôle systématique de leurs antécédents judiciaires. Cette déclaration fait suite aux révélations autour du scandale lié au périscolaire à Paris.
El Haïry a insisté sur la nécessité de "redoubler d'efforts sur les contrôles" et d'écouter à la fois les enfants et leurs parents. Elle a également dénoncé la culture du silence autour des abus en appelant à la responsabilisation des témoins qui ont pu ignorer des signaux d'alarme.
Depuis le début de l'année, la suspension de 31 animateurs de périscolaire à Paris pour soupçons de violences sexuelles souligne l'urgence de la problématique. "Il faut briser ce tabou", a-t-elle déclaré, en insistant sur des contrôles plus stricts et une volonté de rendre des comptes aux personnes conscientes des abus.
"Les prédateurs se dirigent vers les milieux où se trouvent les enfants", a affirmé El Haïry, qui évoque également le besoin d'une harmonisation et d'une généralisation des contrôles des antécédents tout au long des secteurs concernés, qu'il s'agisse de la culture, du sport ou du baby-sitting. Elle a proposé d'intégrer ces mesures dans un projet de loi sur la protection des enfants, en collaboration avec la ministre des Familles, Stéphanie Rist, et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin.
Suite à la mise en place de l'attestation d'honorabilité dans le cadre de la Protection de l'enfance, près de 3.000 personnes ont déjà été écartées de ces secteurs. El Haïry a souligné une incohérence dans le système de contrôle actuel, notant que des professionnels de la Petite enfance, comme les cantinières ou les femmes de ménage, sont souvent mieux surveillés que des acteurs comme les chefs de chorale dans les écoles de musique.
Cette initiative suscite des réactions variées au sein de la société civile, certains appelant à une mise en œuvre rapide de ces recommandations. Des experts soulignent que des contrôles renforcés pourraient non seulement prévenir des abus, mais aussi restaurer la confiance des familles dans les services d'accueil pour enfants. Alors que le débat reste ouvert, il devient clair que la protection des enfants doit être une priorité collective.







