Le gouvernement français annonce une augmentation significative de ses stocks de missiles et de drones d’ici 2030. En tout, près de 25 milliards d’euros seront consacrés à l’achat de munitions, pour répondre aux besoins stratégiques actuels.
Ce projet d'actualisation de la loi de programmation militaire, consultée par le média Politico, révèle des ambitions audacieuses : tripler les stocks de missiles et de drones d’ici à 2030. Les récents conflits en Ukraine et au Moyen-Orient soulignent la nécessité de renforcer les capacités militaires françaises, alors que la consommation de munitions augmente rapidement dans des conflits de haute intensité. "L’urgence, ce sont évidemment les munitions", a déclaré le Premier ministre, Sébastien Lecornu, lors d’une séance parlementaire.
Le gouvernement prévoit un investissement supplémentaire de 8,5 milliards d'euros pour les commandes de drones et de missiles entre 2026 et 2030, s’ajoutant aux 16 milliards d'euros déjà votés en 2023. "C’est colossal […] c’est comme si le budget annuel des armées, au début des années 2000, avait été exclusivement consacré à l’achat de munitions", a souligné le Premier ministre.
Pour l’année à venir, la loi de programmation militaire prévoit 63 milliards d euros pour la défense, avec des augmentations successives pour atteindre près de 76 milliards d'euros d'ici 2031. Cette loi, une fois adoptée, nécessitera une approbation annuelle par le Parlement pour continuer à soutenir l'armement dans les années à venir.
Les industriels français montent au front
En parallèle à ces investissements, l’effort militaire sera aussi axé sur le développement de systèmes de défense sol-air et sur des drones kamikazes, qui doivent être produits en masse à coût maîtrisé. selon Politico, cela inclut une augmentation de 400 % des munitions téléopérées et de 240 % des bombes guidées AASM Hammer de Safran.
Les industriels se préparent au défi : MBDA prévoit d’augmenter sa production de 40 % cette année. De son côté, Renault, en collaboration avec Turgis Gaillard, a lancé le développement d’un nouveau drone tactique pour la Direction générale de l’armement (DGA), qui sera fabriqué dans son usine du Mans. Au-delà, Airbus a récemment testé un drone militaire capable de neutraliser des menaces kamikazes avec des missiles air-air.







