L'ancien président Nicolas Sarkozy est attendu à la barre dès ce mardi 7 avril 2026 pour son interrogatoire devant la cour d'appel de Paris. Accusé d'avoir bénéficié de fonds de la Libye de Mouammar Kadhafi pour sa campagne présidentielle de 2007, il conteste avec véhémence sa condamnation pour "association de malfaiteurs".
Depuis le début des audiences, Sarkozy est resté discret. Ce mardi marquera le début de son interrogatoire, qui pourrait se prolonger sur quatre jours.
Lors du procès de première instance, l'ex-président (2007-2012) avait affirmé son innocence avec force, dénonçant ce qu'il qualifiait d'"infamie". Après sa condamnation à cinq ans de prison ferme—qui a conduit à une incarcération provisoire d'environ vingt jours—il avait réclamé justice tout en dénonçant une décision animée par "la haine".
Cette fois-ci, bien que son attitude soit plus réservée, son engagement dans la lutte pour prouver son innocence reste intact. "J’ai fait appel parce que je n’ai commis aucun des faits pour lesquels j’ai été condamné. Je mobiliserai toutes les forces dont je suis capable pour défendre cette vérité profondément ancrée en moi", a-t-il déclaré au tribunal.
Un interrogatoire sans précédent
Le président de la cour d'appel, Olivier Géron, a prévu d'accorder jusqu'à quatre jours d'interrogatoire à Sarkozy. Dans cette affaire à fort enjeu politico-financier, il est accusé d'avoir reçu des financements secrets de la Libye du dictateur Mouammar Khadafi lors de sa campagne présidentielle de 2007.
En première instance, le tribunal l'avait relaxé sur trois des quatre accusations. Les magistrats avaient conclu que le financement libyen n'était pas prouvé, malgré l'envoi documenté de 6,5 millions d'euros par la Libye. Pour eux, les preuves que ces fonds aient été utilisés dans la campagne de Sarkozy faisaient défaut.
Des rencontres douteuses
Cependant, ils avaient établi que Sarkozy avait permis à ses proches, Claude Guéant et Brice Hortefeux, de négocier avec le régime libyen lors de rendez-vous secrets fin 2005, en plein cœur des tensions liées à l'attentat du DC-10 d'UTA en 1989, qui avait coûté la vie à 170 personnes.
Dans ce nouveau procès, Claude Guéant, en raison de problèmes de santé, ne sera pas entendu, contrairement à Brice Hortefeux, qui a maintenu sa position lors de son audition, affirmant que sa rencontre avec Senoussi n'était pas planifiée et n'avait rien à voir avec le financement de la campagne. Eric Woerth, également prévenu, a tenté de justifier les transations en arguant qu'elles provenaient de donateurs anonymes.
Des victimes se manifestent
Mercredi, les familles des victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA ont également exprimé leur indignation face à la situation. Les proches des victimes ont interpellé Sarkozy, le qualifiant d'assassin potentiel de la mémoire des défunts. Françoise Tenenbaum-Klein, sœur d'une des victimes, a lancé : "Si par malchance, à la place de mon frère, quelqu'un de votre famille avait pris ce vol, accepteriez-vous de rencontrer son assassin ?" Maryvone Raveneau, veuve du pilote, a aussi déploré l'absence de souvenirs respectueux, affirmant que "le devoir de mémoire a été sacrifié sur l'autel des ambitions personnelles".







