Le 13 février, l'exécutif iranien a officiellement annoncé la formation d'une commission d'enquête, plus d'un mois après des manifestations violemment réprimées. Ce comité, qui inclut des représentants des institutions concernées, a pour mission de rassembler des documents et des témoignages, comme l’a précisé Fatemeh Mohajerani, la porte-parole du gouvernement, à l'agence Isna.
La nature exacte de cette enquête reste floue. Elle pourrait se concentrer sur les revendications économiques à l'origine de la contestation, mais la porte-parole n'a pas clarifié si elle s'intéresserait également au sort des victimes. Les autorités ont rapporté que plus de 3 000 personnes auraient perdu la vie durant ces troubles. Elles soutiennent que la majorité des victimes seraient des agents de sécurité ou des civils tués par des "terroristes" soutenus par des puissances occidentales. En revanche, des organisations non gouvernementales comme Human Rights Activists News Agency (HRANA) estiment que le bilan pourrait atteindre jusqu'à 7 005 morts, ciblant principalement les manifestants.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a exprimé sa honte face à ces tragédies, en mentionnant des équipes mises en place pour enquêter sur les causes de ces événements. Son discours, relayé par les médias, laisse planer des interrogations sur la sincérité de cette démarche, alors que le pays continue de lutter non seulement contre la colère de la rue, mais aussi contre des accusations internationales croissantes de violations des droits humains.
Alors que la communauté internationale porte un regard critique sur la gestion de cette crise par Téhéran, de nombreux experts soulignent l'importance d'une enquête transparente pour restaurer un semblant de confiance au sein de la population. Les opinions divergent sur la possibilité d'une réelle introspection du gouvernement, certains analystes craignant que cette commission ne soit qu'une tentative de communication pour apaiser les tensions croissantes.







