Le parquet suisse, chargé de l'enquête sur l'incendie survenu dans un bar à Crans-Montana lors de la nuit du Nouvel An, a lancé un appel au calme jeudi après des confrontations entre le couple de propriétaires et les familles des victimes. Ces altercations ont éclaté alors que Jacques et Jessica Moretti arrivaient pour une nouvelle audition, suscitant colère et douleur chez les proches des défunts. Romain Jordan, avocat des familles, a déclaré : "Il est crucial de laisser les autorités judiciaires accomplir leur tâche sans interférence émotionnelle. L'appel au calme a été reçu, je crois," a-t-il ajouté.
Ce drame a coûté la vie à 41 personnes et blessé 115 autres, principalement des jeunes. Pour certains blessés, les séquelles sont graves, avec plusieurs d'entre eux encore dans un état critique. "Vous avez tué mon grand frère !" a crié Tobyas, un adolescent dont le frère de 17 ans, Trystan, a péri dans l'incendie. "J'aimerais que vous voyiez ce que vous avez fait aux familles," a-t-il lancé, montrant l'ampleur de la douleur et de la colère ressenties.
Evénement tragique : une enquête qui soulève des questions
L'enquête a été ouverte pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence" visant non seulement les propriétaires du bar, mais également les responsables de la sécurité de la commune, qui n’avait pas effectué de contrôles incendie depuis 2019. L'audition de Jessica Moretti a eu lieu ce jeudi, alors que les proches des victimes continuent de se battre pour justice.
Vinciane Stucky, mère de la victime Trystan, a partagé son ressentiment, rappelant que "les excuses ne suffisent pas pour effacer une telle douleur". D'autres familles ont exprimé des attentes claires : "Nous voulons justice, nous voulons la vérité pour tous les enfants perdus et ceux encore à l'hôpital," a déclaré Samhare Saleh, une amie proche des victimes.
L'incendie serait, selon les premières investigations, causé par des étincelles provenant de bougies ayant enflammé un isolateur acoustique au plafond. Le respect des normes de sécurité, déjà contesté, devra faire l'objet d'une analyse approfondie par le parquet.
"Nous prenons nos responsabilités," a déclaré Jacques Moretti face aux familles endeuillées, tentant de justifier ses actes dans une atmosphère déjà lourdement chargée d'émotions. Chacune de ces auditions fait ressortir des sentiments de désespoir et de rage, renforçant la nécessité de maintenir un dialogue constructif malgré la souffrance infligée par ce tragique événement.







