Paris (France) – Le projet de loi-cadre sur les transports, présenté mercredi en conseil des ministres, ambitionne de financer la rénovation d’infrastructures vieillissantes en utilisant les recettes issues des concessions autoroutières. Ce texte est particulièrement attendu dans un contexte budgétaire difficile et d'une demande croissante pour des modes de transport durables.
Porté par le ministre des Transports Philippe Tabarot, le projet se distingue par son consensus plus large par rapport à d'autres mesures, comme la programmation pluriannuelle de l'énergie récemment révélée. Cependant, il n’a pas été mentionné parmi les priorités mises en avant par Sébastien Lecornu lors d'une récente interview.
Pour ses initiateurs, cette loi vise à répondre aux objectifs écologiques de la France en encourageant des modes de transport moins polluants. Selon l'exposé des motifs, les transports représentent 32% des émissions de gaz à effet de serre en France, un chiffre qui appelle à des mesures urgentes.
Ce projet répond également à la nécessité de moderniser des infrastructures souvent négligées. Par exemple, l’Autorité de régulation des transports a récemment rapporté que près de 2.600 kilomètres des voies principales ont atteint leur durée de vie théorique, exacerbant le besoin urgent de rénovation.
Une dette grise à combler
Un rapport datant de l’été 2025 estime que le coût de l'inaction passée s'élève à 60 milliards d'euros pour le ferroviaire. Ce montant souligne l’importance de la loi pour assurer la mise à niveau des infrastructures, avec un besoin d’investissement supplémentaire de 3 milliards d'euros par an entre 2026 et 2031.
Le texte comprend également des dispositions pour l’indexation automatique des tarifs des transports en commun sur l'inflation, une mesure qui suscite des critiques. L’association UFC-Que Choisir s’oppose à cette idée, plaidant pour que les décisions tarifaires restent aux mains des collectivités locales. Elle fait remarquer que cela pourrait conduire des augmentations systématiques des prix, sans prendre en compte les réalités locales.
Amélioration de la sécurité et développement durable
En plus de la modernisation des infrastructures, le projet prévoit le renforcement des contrôles pour garantir la sécurité des transports scolaires, tout en développant le trafic fluvial de fret et en installant des stations de recharge électrique sur les autoroutes. L'article 8 stipule qu'il doit y avoir une garantie pour les passagers d'arriver à destination indépendamment de l'opérateur ferroviaire.
Cependant, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a exprimé des inquiétudes concernant l'absence d'une vision globale sur la mobilité, notamment dans les zones peu denses, ce qui pourrait négliger certaines populations.
La mise en œuvre de cette loi pourrait représenter un tournant crucial pour le système de transport français, mais elle devra naviguer au milieu des enjeux économiques, écologiques et sociaux. Il reste à voir si elle répondra aux attentes des usagers et des régions, tout en garantissant une mobilité améliorée pour tous.







