L'ANTISÈCHE. Avec la déclassification de plus de trois millions de documents par le département américain de la Justice, la mort de Jeffrey Epstein, criminalisé pour ses actes sexuels, revient sur le devant de la scène, soulevant des questions et alimentant des polémiques. Le JDD vous éclaire sur ce dossier encore très sensible.
Malgré le temps qui passe, les interrogations autour de cette affaire restent vives. En effet, six ans après les événements, les circonstances entourant la mort de Jeffrey Epstein demeurent troublantes. Le 23 juillet 2019, alors qu'il venait tout juste d'être arrêté, Epstein fuit déjà la mort. Retrouvé en cellule, son cou présente des marques, et il accuse Nicholas Tartaglione, son compagnon de cellule, de tentative de meurtre.
Panne des caméras de vidéosurveillance
Le 8 août, le codétenu de Jeffrey Epstein est libéré. Le lendemain, Epstein est retrouvé mort dans sa cellule. La nuit fatidique du 9 au 10 août 2019 s'accompagne de nombreuses anomalies : les caméras de vidéosurveillance tombent en panne dans l'aile où il est détenu et les deux gardiens responsables de sa surveillance s'endorment. "Lorsqu'ils se réveillent, au lieu de procéder aux vérifications, ils passent leur temps sur leurs ordinateurs de service !" raconte un criminologue à France 2.
Les preuves matérielles, dont les vêtements d’Epstein, sont rapidement détruites
La cellule d’Epstein est restée ouverte pendant toute la matinée permettant à des visiteurs non autorisés d’y entrer. Les preuves matérielles, y compris ses vêtements, sont détruites moins d’une heure après la découverte de son corps. Ce n'est qu'après l'arrivée du FBI dans l'après-midi que l'enquête est officiellement lancée.
Des fractures suspectes
Le ministre américain de la Justice a personnellement exprimé son indignation face aux dysfonctionnements du centre pénitentiaire. Des sanctions ont été infligées au directeur de la prison ainsi qu'aux deux gardiens. Bien que l'enquête initiale conclut à un suicide, cette thèse est rapidement remise en question. Experts et médecins indépendants, dont le célèbre médecin légiste Michael Baden, mandaté par la famille Epstein, pointent des observations préoccupantes. Baden affirme que des blessures au cou d'Epstein ne s'alignent pas avec un suicide par pendaison, mais plutôt avec une strangulation.
Le médecin légiste affirme n’avoir jamais rencontré un cas similaire
Dans un entretien pour France 2, il précise : "Trois fractures des os du cou" lui permettent de conclure que ce décès "ressemble davantage à un homicide qu’à un suicide". À ce jour, le FBI continue son enquête, bien que les doutes persistent et que de nombreux éléments restent à éclaircir, laissant planer un climat de mystère autour de cette affaire qui ne semble pas prête à se dérober aux lumières de l'actualité.







