Trump fait marche arrière sur l'utilisation de l'Insurrection Act au Minnesota

Les tensions au Minnesota poussent Trump à reconsidérer l'utilisation de l'Insurrection Act.
Trump fait marche arrière sur l'utilisation de l'Insurrection Act au Minnesota
Des agents fédéraux face à des civils le 16 janvier 2026 à Saint Paul, dans le Minnesota © Octavio JONES / AFP

Washington (AFP) – Dans un tournant inattendu, Donald Trump a déclaré vendredi qu'il n'envisageait plus d'invoquer l'Insurrection Act, qui lui permettrait d'utiliser les forces armées pour maintenir l'ordre, malgré ses menaces de la veille en réponse aux manifestations au Minnesota. Cette évolution survient alors que des tensions grandissantes secouent la ville de Minneapolis suite à la mort de Renee Good, une citoyenne américaine abattue par un agent des services d'immigration (ICE).

La situation à Minneapolis est exacerbé par la mobilisation de plus de 2 000 policiers, ainsi que de renforts supplémentaires. Au milieu des manifestations, un ressortissant vénézuélien a été blessé par un tir policier, cloisonnant encore davantage la communauté de l'État.

« Si j'en avais besoin, je l'utiliserais, mais il n'y a pour l'instant aucune raison de le faire », a déclaré le président Trump lors d'une conférence de presse, atténuant ses précédentes déclarations sur Truth Social où il affirmait que des actions draconiennes seraient nécessaires si les politiciens du Minnesota ne parvenaient pas à gérer la situation.

Une situation explosive

L'Insurrection Act, qui permet au gouvernement fédéral d'utiliser l'armée pour des missions de maintien de l'ordre sur le sol américain, a été mobilisé pour la dernière fois en 1992 par George Bush père lors des émeutes de Los Angeles. Aujourd'hui, la lutte entre la population locale et les agents fédéraux continue de provoquer des remous sur l'échiquier politique américain.

De plus, un homme de 33 ans a été inculpé pour le vol d'une arme à feu dans un véhicule du FBI, soulignant la montée de la violence dans l'État. Ce vol aurait été, selon les procureurs, le résultat d'un climat d'incitation à la violence contre les forces de l'ordre, alimenté par les autorités locales.

Les récentes déclarations des responsables du Minnesota et d'organisations comme l'ACLU mettent en lumière les tensions persistantes entre la communauté et les forces de police, en particulier les agents d'ICE, souvent décrits comme indésirables dans l'État. Les critiques grandissent, accusant les autorités fédérales de mener des opérations qui mettent en danger des vies innocentes. Les avocats de la famille Good préparent d'ailleurs une action en justice, pointant du doigt une légitime défense contestée par de nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux.

Malgré le climat de méfiance croissante, plusieurs sondages montrent que la majorité des Américains, notamment ceux du Minnesota, jugent la mort de Renee Good injustifiée et se démarquent des justifications fournies par l'administration Trump. Les tensions et les divisions semblent s'accroître alors que les manifestants dénoncent les provocateurs d'extrême droite parmi eux.

Enfin, des experts et analystes politiques craignent une escalade de la violence si la situation continue de se dégrader. Les manifestations prennent une tournure alarmante et le débat s'envenime autour de la conduite des agents de l'ICE, révélant des fissures profondes dans le tissu social américain.

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