Dans une révélation surprenante, Sophia Chikirou, députée parisienne et proche de Jean-Luc Mélenchon, a expliqué comment le leader de La France Insoumise (LFI) avait envisagé de se retirer de la course présidentielle de 2017 afin de soutenir Benoît Hamon, vainqueur de la primaire socialiste.
Lors d'une réunion au QG de sa campagne « L’Escalier » à Paris, Mélenchon a décidé d'interroger son équipe sur l'idée d'un abandon au profit de Hamon. « Je vais vous poser une question sérieuse », a-t-il déclaré, indiquant que ce n'était pas une vanne. Toutefois, aucun des membres présents ne lui a conseillé de retirer sa candidature, ce qui a conduit Mélenchon à confirmer sa participation à l'élection.
Chikirou se souvient que cette discussion a été empreinte de gravité, et a duré entre 20 et 30 minutes. Au terme de cette réunion, Mélenchon a choisi de poursuivre sa campagne sans modifications majeures de son plan d'action déjà établi.
Cette période de doutes a coïncidé avec des moments historiques pour le Parti socialiste, déjà affaibli. Au premier tour, Mélenchon avait récolté 19,58 % des voix, tandis que Hamon ne parvenait qu’à obtenir 6,36 %. Ce dernier score a notamment été décrit par des analystes comme une « défaite historique » pour le socialisme français.
Facteurs contribuant à cette dynamique incluent la montée des idées de gauche alternatives cultivées par LFI face à un PS en déclin. Selon Thomas Guénolé, politologue, « Les divergences entre Mélenchon et Hamon ont finalement renforcé la dislocation du paysage politique français ». Ce contexte a eu pour effet de rendre encore plus cruciale la décision de Mélenchon de rester dans la course.
En définitive, cette réalité de 2017, revisitée aujourd'hui, témoigne des luttes internes qui continuent de façonner la gauche française. Le choix de Mélenchon de ne pas soutenir Hamon pourrait être perçu comme un moment charnière, pas uniquement pour lui, mais pour de nombreux électeurs en quête d’un renouveau politique.







