Brasilia (AFP) – L'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, reconnu coupable d'une tentative de coup d'État, a été transféré dans une prison offrant des conditions de vie « plus favorables ». Bien qu'il soit incarcéré depuis fin novembre, il espérait rentrer chez lui en raison de ses problèmes de santé, une demande qui a été rejetée.
À l'heure actuelle, Bolsonaro, âgé de 70 ans, profite d'une cellule d'environ 65 m², où il peut recevoir des visites plus régulièrement et a accès à des installations comme un tapis de course et un vélo d'appartement, en fonction de ses besoins médicaux. Cela représente un net contraste avec sa précédente cellule de 12 m², qui était déjà considérée comme privilégiée, dotée d'un téléviseur et de la climatisation.
Le juge Alexandre de Moraes, en charge du procès, a ordonné ce transfert, précisant qu'il a eu lieu au complexe pénitentiaire de Papuda, situé à Brasilia. Le tribunal a confirmé qu'il se trouve dans une section appelée "Papudinha", qui, bien que plus confortable, ne lui permet pas de rencontrer d'autres détenus.
Malgré la perception d'amélioration des conditions, la famille de Bolsonaro, en particulier son fils Carlos, a critiqué cette décision, la qualifiant de "transfert vers un environnement carcéral sévère". Sur les réseaux sociaux, il a accusé le juge Moraes de ne pas respecter les conditions de santé de son père.
Alors qu'une loi récente au sein d'un parlement majoritairement conservateur visait à réduire la durée d'incarcération de Bolsonaro, celle-ci a été censurée par le président Lula en janvier. Cependant, les parlementaires ont le pouvoir d'inverser ce veto, suscitant l'inquiétude parmi les détracteurs du gouvernement. Ce débat illustre les tensions politiques en cours au Brésil, alors que Lula, âgé de 80 ans, envisage un quatrième mandat prochain.
Les conditions de détention de Bolsonaro continuent d'alimenter les discussions dans le pays, ses partisans plaidant pour un traitement plus clément au nom de sa santé précaire suite à une attaque à l'arme blanche en 2018, ainsi que des complications de santé plus récentes.
Le bras de fer juridique autour de sa situation pénale révèle non seulement un chapitre sombre de la politique brésilienne, mais aussi les implications profondes d'une nation encore divisée. Comme l'affirme l'expert en droit pénal, professeur Almeida, "la situation de Bolsonaro soulève des questions sur l'équité du système judiciaire et la manière dont la justice est rendue aux figures politiques de premier plan" (source: Le Monde).







