Une mobilisation réprimée
Mercredi 14 janvier, trois agriculteurs, dont une porte-parole de la Confédération paysanne, ont été arrêtés à Paris. Fanny Métrat, Vincent Delmas et Christophe Morantin, étaient présents dans le cadre d'un Comité national. Ce qui était pensé comme une action pacifique s'est terminé en garde à vue, suscitant l'indignation au sein de la communauté agricole.
« Après cette réunion, nous avons décidé d'agir au ministère de l’Agriculture. Nous ne comprenons pas comment cela a pu mener à des arrestations », a déclaré Alain Sousa, membre du Comité départemental de la Confédération paysanne de la Drôme. Sur les 150 agriculteurs présents, 52 ont été arrêtés, alors qu'ils espéraient simplement être entendus. « C’était une action symbolique, sans volonté de dégrader ou de perturber », a-t-il ajouté.
Une réponse disproportionnée
Face à cette situation, une action de soutien a eu lieu devant le commissariat du 13e arrondissement. La députée de la Drôme, Marie Pochon (EELV), a exprimé son indignation : « En criminalisant un syndicat agricole, le gouvernement choisit la répression au lieu du dialogue. Comment se fait-il que d'autres manifestations, comme celles de la FNSEA, n'aient pas suscité de telles réactions ? », a-t-elle questionné.
Pochon a dénoncé l'incohérence des politiques gouvernementales, soulignant que de nombreux agriculteurs sont en colère contre des pratiques jugées injustes. « Il est crucial de défendre leurs droits tout en favorisant un dialogue constructif plutôt que d'alimenter des tensions », a-t-elle ajouté.
Ce climat de tension entre les agriculteurs et le gouvernement interpelle aussi des experts du secteur. Jean-Luc Puech, économiste agricole, explique : « L’importance du dialogue entre les acteurs du secteur est primordiale, surtout dans un contexte de crises multiples. La répression ne fait qu’envenimer la situation ». Il appelle à un retour à la concertation.
Alors que les actions de plaidoyer s'intensifient, le mouvement agricole français semble plus que jamais à un tournant, avec la nécessité d'un dialogue rénové pour éviter une escalade des tensions.







