Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2026, le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a été déclaré réélu avec 76,15 % des voix. Toutefois, la victoire du candidat en place est déjà contestée, son principal rival, Anicet-Georges Dologuélé, affirmant avoir été victime de graves irrégularités dans le processus électoral.
Les résultats, présentés par l'Autorité nationale des élections, n'ont pas tardé à susciter des réactions. Dologuélé, qui a recueilli 14,66 % des suffrages, a dénoncé des fraudes et un scrutin biaisé. Son porte-parole a qualifié la situation d'inacceptable, affirmant que des mesures de sécurité insuffisantes avaient permis des abus.
Cette élection, qui a eu lieu le 28 décembre 2025, a vu un taux de participation de 52,43 %. Au-delà de la présidentielle, le scrutin a également concerné des élections législatives, régionales et municipales. Les résultats définitifs seront annoncés par le Conseil constitutionnel d'ici la mi-janvier, après un examen des recours déposés.
En analysant les récentes élections, plusieurs observateurs, y compris ceux de l'Union africaine, ont loué leur déroulement. Le représentant de l'UA a évoqué un "progrès vers la démocratie" en soulignant que ce scrutin avait respecté les processus légaux, contrairement aux précédentes élections de 2016 et 2020, marquées par des crises politiques.
Malgré ces louanges, l'opposition a qualifié ce scrutin de "mascarade", précisant que plusieurs institutions, telles que l'Autorité nationale des élections et la Cour constitutionnelle, sont perçues comme étant sous l'influence du gouvernement. Henri-Marie Dondra, arrivé en troisième position avec 3,19 %, a plaidé pour l'annulation des résultats, citant l'incapacité de l'agence des élections à organiser un vote ordinaire.
Les tensions politiques dans le pays persistent. Avec environ 71 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, les défis économiques demeurent élevés. Les Centrafricains continuent de faire face à un chômage endémique et à une crise des services de base. Malgré une stabilisation apparente et une présence accrue des forces de sécurité, notamment du groupe Wagner, des conflits continuent de déstabiliser certaines régions. Selon des analystes politiques, la situation pourrait évoluer en fonction des résultats définitifs et de la réponse de l'opposition face à ce qu'ils considèrent comme une injustice manifeste.







