L'élection présidentielle péruvienne continue de susciter des enjeux cruciaux alors que les résultats montrent une course serrée entre la candidate de droite, Keiko Fujimori, et son concurrent de gauche, Roberto Sanchez. L'incertitude demeure quant à l'issue de cette élection, alors que les résultats ne permettent pas encore de désigner un vainqueur clair.
Après le dépouillement de plus de 94 % des votes, Roberto Sanchez a réussi à prendre une avance marginale, avec 50,03 % des voix contre 49,97 % pour Fujimori, qui évoque la nécessité de patience et de sérénité, promettant de respecter le résultat final.
Pour déterminer qui sera déclaré vainqueur, il faudra également analyser environ 400 000 votes contestés, un processus qui pourrait prendre plusieurs jours selon la Commission nationale des élections. « Nous devons attendre jusqu'à la fin », a ajouté Fujimori, dont le père a dirigé le pays de 1990 à 2000.
Dans le débat sur la sécurité nationale, Fujimori met en avant un plan pour déployer l'armée en soutien aux forces de police, afin de lutter contre les problèmes croissants de criminalité, avec un taux d'homicides dans la capitale, Lima, atteignant 23 pour 100 000 habitants en 2025. En revanche, Sanchez prône une réforme des institutions et les fondements d'une justice plus fiable.
Cette élection met également en lumière les divisions géographiques du pays : la côte favorise plutôt Fujimori, tandis que le sud andin, plus rural et indigène, soutient Sanchez. L'analyste politique Paulo Vilca, de l’Institut d'études péruviennes, souligne que « cette élection traduit la division du pays, et quel que soit le gagnant, il aura une partie de la population contre lui ».
Des milliers de partisans des deux candidats se sont rassemblés dans les rues de Lima, chacun exprimant son optimisme. Dans le camp de Sanchez, un supporter a déclaré : « On l’a fait ! », témoignant d’un désir de changement face à la corruption. De son côté, une sympathisante de Fujimori a réagi avec enthousiasme, affirmant : « Je suis convaincue qu'elle sera une bonne présidente ».
Avec près de 27 millions d'électeurs appelés aux urnes, les élections se sont déroulées sans incidents majeurs, un contraste marqué avec le premier tour qui avait été émaillé de controverses. La stabilité politique, un défi depuis 2016 avec huit présidents différents, reste ainsi en jeu. Le futur président, qui prendra ses fonctions le 28 juillet prochain, devra naviguer dans un Parlement sans majorité absolue, rendant les alliances nécessaires pour la durée de son mandat.







