Au terme d’une réunion avec les procureurs généraux, le garde des Sceaux a mis en lumière les défaillances de la justice face aux violences sur mineurs.
Lors d’une conférence de presse, Gérald Darmanin a demandé une « mobilisation générale » des magistrats pour « faire la vérité » suite aux erreurs dans l’affaire Lyhanna. « Il ne nous a manqué ni de moyens ni de lois, il nous a manqué de prioriser des viols sur les mineurs », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d'agir rapidement pour protéger les plus vulnérables.
Le ministre a spécifiquement exhorté les procureurs à « reprendre l’intégralité des plaintes concernant les enfants », mentionnant près de 70 000 dossiers à examiner. Il a insisté sur un bilan détaillé « tribunal par tribunal, commune par commune » avant de procéder à des rencontres individuelles avec les procureurs pour évaluer la situation.
Des accusations « inadmissibles », selon un magistrat
David Sénat, magistrat à la cour d’appel de Versailles, a fait état d’une vigilance accrue sur les plaintes, affirmant que cette tâche, bien que prioritaire, pourrait délaisser d’autres enquêtes. Il a précisé que « cette révision prendra un certain temps, affectant d'autres actes d'enquête » (France 2).
Bien que le garde des Sceaux ait promis des sanctions pour des « défaillances extrêmement graves » dans l’affaire Lyhanna, il a rejeté les appels à démission, affirmant que les problèmes n'étaient pas attribuables à ses directives directes. Selon les informations, Jérôme B., suspect principal, avait déjà été visé par des plaintes antérieures pour viols sur mineurs, et le ministre a exprimé sa préoccupation envers le fonctionnement défaillant des services judiciaires.
> À LIRE AUSSI. Affaire Lyhanna : un immense échec selon Gérald Darmanin
« Dimension systémique »
Les propos de Darmanin ont suscité des réactions vives. Ludovic Friat, président de l’Union syndicale des magistrats, a qualifié ces accusations de « inadmissibles », soulignant que c'était injuste de désigner des magistrats comme responsables avant la fin de l’enquête. Il a mis en avant la nécessité de considérer la « dimension systémique du drame » et d'allouer des ressources proportionnelles aux enjeux.
Malgré une augmentation récente du budget de la justice, la Conférence nationale des procureurs généraux indique que la France reste largement sous-équipée par rapport à ses voisins européens, avec seulement trois procureurs pour 100 000 habitants, contre une moyenne de 12,2.
Édouard Durand, magistrat et ancien président de la Ciivise, a déclaré que l'affaire Lyhanna illustre un déni persistant au sein de la société : « La parole des victimes se heurte souvent à un système qui ne sait pas répondre ».
Le frère de Jérôme B. en garde à vue
Selon BFMTV, le frère de Jérôme B. a été placé en garde à vue, étant soupçonné de viol sur mineur et d’autres infractions graves ayant eu lieu entre 2007 et 2017, souligne la procureure Clémence Meyer.
Lire aussi







