Série NR (1/6). Céder son entreprise est une étape délicate pour un patron. Au-delà des enjeux financiers, la continuité d'une société qui porte leur nom ainsi que la préservation des emplois dans leurs régions sont des préoccupations majeures.
La cession d'entreprise demeure un défi complexe. D'ici 2030, 370.000 chefs d'entreprise doivent envisager leur retraite. Derrière chaque dirigeant, c'est l'avenir de millions d'emplois, de savoir-faire, et même d'un patrimoine industriel qui pourraient être menacés. Dès l'été 2025, le gouvernement a mis en place un plan de mobilisation pour garantir la continuité des petites et moyennes entreprises (PME) et très petites entreprises (TPE).
Nous avons interrogé plusieurs acteurs clés du secteur. Alain di Crescenzo, président de CCI France, Eric Versey, directeur exécutif de Bpifrance en charge du réseau et du financement, ainsi que l'avocat fiscaliste Fabien Vlassoff, ont partagé leur vision. François Asselin, ancien président de la CPME, a également témoigné de son propre parcours de cession d'entreprise dans les Deux-Sèvres.
57 % des cédants ont créé leur entreprise
Le processus de reprise est souvent semé d'embûches, surtout lorsque les repreneurs ne proviennent pas directement de la famille ou des employés. Pour 57 % des dirigeants de TPE-PME, le défi personnel de transmettre une entreprise qu'ils ont fondée rend ce moment particulièrement émotionnel. Parmi ceux qui ont repris, presque la moitié l'a fait au sein de leur famille.
Les qualités humaines du potentiel repreneur sont jugées essentielles par 40 % des cédants, suivies par son expérience (38 %).
La Banque publique d’investissement (BPI) a établi cinq profils de cédants grâce à une étude de 2025. Le premier groupe, constitué d'optimistes (35 %), projette une transmission familiale à long terme. En revanche, 28 % des cédants sont déjà bien préparés et ont trouvé un repreneur, souvent avec l'assistance d'un avocat.
La fermeture en dernier recours
Seuls 7 % privilégient la cession à des salariés. De plus, 7 % frontière d'âge expriment une nécessité de céder en raison de difficultés financières.
Un autre groupe, représentant 29 %, est plus jeune et cherche à céder pour des raisons indépendantes de la retraite, souvent pour alléger leur charge de travail. En dernier recours, si aucun repreneur n'est trouvé, la fermeture d'entreprise devient une option, ce qui peut être une décision dévastatrice selon la BPI, qui estime à 20 % cette proportion.
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