Les opérations de comptage des votes à Malte débutent ce dimanche, à l'issue d'un scrutin déterminant qui pourrait offrir un quatrième mandat consécutif au Parti travailliste, malgré les préoccupations croissantes liées à l'urbanisation rapide et à la corruption systémique.
Le Premier ministre sortant, Robert Abela, a décidé d’organiser ces élections anticipées avec un an d’avance. Selon lui, un nouveau mandat est essentiel pour sécuriser cette petite île, dépendante des importations, face aux crises géopolitiques actuelles.
Bien que l'économie maltaise ait enregistré une croissance de 4% l'année dernière, des craintes subsistent quant à l'impact du conflit au Moyen-Orient sur le tourisme et l'inflation. Abela a mis en avant son bilan économique depuis 2013, promettant une continuité et une stabilité en cette période incertaine.
Son adversaire principal, Alex Borg, représentant du Parti nationaliste, est un jeune avocat de 30 ans et ancien lauréat de "Mr World Malta". Il a appelé les citoyens à opter pour le changement, et s’il venait à être élu, il deviendrait le plus jeune chef d'État du pays.
Le scrutin s'est déroulé samedi à travers l'ensemble de l'île méditerranéenne. Les résultats préliminaires devraient être connus dans la journée, les sondages présentant une victoire probable pour les travaillistes face à leurs concurrents du Parti nationaliste.
Robert Abela est à la tête de Malte depuis 2020, succédant à son prédécesseur suite à une crise politique engendrée par l'assassinat de la journaliste Daphne Caruana Galizia, qui avait exposé des cas de corruption à haut niveau.
Un rapport du Conseil de l'Europe de 2025 indique que Malte reste en déficit dans sa lutte contre la corruption, un thème qui n’a pourtant pas été au cœur des débats électoraux. La question du boom démographique, quant à elle, a suscité davantage d'attention.
Malte, l'État le plus petit et le plus densément peuplé de l'Union européenne, connaît une augmentation de sa population d'environ 30% en dix ans, principalement grâce à l'immigration. Ce phénomène a provoqué un essor de la construction, transformant considérablement le paysage urbain, parfois au détriment des infrastructures et des services publics.
Des groupes de défense du patrimoine expriment leur inquiétude face à la dégradation de l'environnement et des sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le pays souffre également d'une vulnérabilité face aux chocs externes, étant donné qu'il dépend quasi entièrement de l'importation de son énergie. Le gouvernement travailliste subventionne d'ailleurs les factures d'énergie, une mesure que le Parti nationaliste envisage également d'adopter s'il accède au pouvoir.
Malte est également sur la ligne de front du changement climatique, confronté au risque de désertification et de sécheresse, mais cette thématique reste largement absente des débats des deux principaux partis. Bien qu'un parti écologiste existe, l'ADPD, aucun parti tiers n'a réussi à obtenir un siège au Parlement depuis l'indépendance en 1964.







