Les influenceurs d'aujourd'hui façonnent nos rêves avec leurs récits de voyages extraordinaires et leurs produits gratuits. Pourtant, leur mode de vie est souvent déconnecté des préoccupations environnementales. En 2022, des spécialistes du GIEC affirmaient que ces figures publiques pouvaient jouer un rôle clé dans la promotion de modes de vie plus durables.
Amélie Deloche, fondatrice du collectif Paye ton influence, souligne que les influenceurs ont le potentiel d'encourager des pratiques de consommation responsables. "L'influence responsable repose sur trois piliers : des partenariats réfléchis, des récits en phase avec les enjeux écologiques et une information fiable", précise-t-elle.
Définition de l'influence responsable
Pour Amélie Deloche, l’influence responsable s’articule autour de :
- La sélection de partenariats pertinents, tenant compte des impacts sociaux et environnementaux.
- La création de récits intégrés aux enjeux de transition écologique.
- La garantie de la véracité des informations diffusées.
Pourtant, les géants médiatiques comme Lena Situations et Squeezie semblent souvent ignorer ces considérations, car leur style de vie favorise des pratiques nuisibles à l'écologie.
Une perception en évolution
Durant les années 2022 à 2024, une pression était exercée sur ces personnalités pour qu'elles se montrent plus responsables. Toutefois, cette attente a diminué, laissant place à des critiques concernant leur engagement sur d'autres enjeux sociétaux. Selon Deloche, ce désintérêt peut être attribué à la montée d'une mentalité où les préoccupations écologiques sont perçues comme secondaires.
Les influenceurs face à leurs abonnés
Les créateurs de contenu doivent impérativement considérer les désirs de leur audience. Si celle-ci commence à faire preuve de désapprobation en raison de modes de vie jugés trop éloignés des réalités contemporaines, cela pourrait forcer une réévaluation des stratégies de contenu. En effet, les cas de figures comme EnjoyPhoenix, qui a osé se lancer dans une démarche plus éthique, montrent le risque de perdre en popularité et en revenus.
Les freins à l'influence éthique
Les obstacles majeurs à l'influence responsable incluent :
- Des craintes économiques liées à la perte de contrats avec des marques.
- Une anxiété face à la possible diminution du nombre d'abonnés.
- La peur de produire un contenu jugé moins captivant.
Par conséquent, la question se pose : comment les influenceurs peuvent-ils devenir des modèles éthiques tout en conservant leur audience ? Deloche conclut que des changements sont possibles, mais requièrent un engagement de tous les acteurs, y compris la volonté d'innovation et de responsabilité des influenceurs eux-mêmes.
20 Minutes de contexte: Amélie Deloche participera à une conférence au So good Maif Festival à Lyon le 13 juin, afin d'évoquer davantage ces enjeux sociétaux cruciaux.







