Pour la première fois depuis 2007, la parade du 9-Mai sur la place Rouge à Moscou se déroulera sans la présence de véhicules militaires, à l’exception des avions. Cette décision, prise par le ministère russe de la Défense, répond à des craintes croissantes quant aux attaques par drones ukrainiens, qui semblent menacer l'événement traditionnel.
Des défilés régionaux ont également été annulés, renforçant un climat d'incertitude. De plus, à l'approche de cette célébration emblématique, les utilisateurs de l'internet mobile à Moscou et à Saint-Pétersbourg font face à des interruptions de service. Selon les opérateurs tels que MTS, Megafon et Beeline, ces coupures de connexion sont mises en place en raison de potentiels "risques pour la sécurité", comme l’a rapporté l'agence Interfax.
Bien que la connexion soit rétablie pour le moment, la situation reste volatile. En effet, au cours des dernières semaines, la fréquence des drones ukrainiens au-dessus de Moscou a considérablement augmenté. Selon un rapport d'ABC News, pour la première fois, l'Ukraine a réussi à déployer davantage de drones sur le territoire russe que l'inverse.
Kévin Limonier, professeur à l'Institut français de géopolitique, souligne que "l'incursion régulée des drones ukrainiens justifie des mesures de contrôle renforcé sur l'accès aux données dans certaines régions de Russie". Il ajoute que cette situation n'est pas nouvelle : "Chaque crise a toujours été utilisée comme prétexte pour élargir le contrôle sur l'information", faisant écho à des mécanismes de restrictions qui existaient même avant l'émergence du conflit actuel avec l’Ukraine.
Les autorités saisissent la lutte antidrones pour restreindre un peu plus l'espace informationnel.
Kévin Limonier, professeur à l'Institut français de géopolitiqueà franceinfo







