Chaque mois d'avril, les jardins d'Istanbul se transforment en un tableau vivant, où des millions de bulbes en fleurs évoquent la passion intemporelle des sultans pour la tulipe. Éphémère mais durable, cet engouement perdure véritablement depuis la proclamation de la république en 1923.
Pour préserver cette tradition, la municipalité d'Istanbul dédie chaque année ses jardiniers à l'entretien des parterres colorés, attirant ainsi de nombreux visiteurs vers des parcs emblématiques tels que celui d'Emirgan, surplombant le Bosphore, et le jardin de Gülhane, voisin du palais de Topkapi, qui témoigne de l'héritage ottoman.
Aujourd'hui, la tulipe est devenue l'emblème national de la Turquie. Présente sur les murs des mosquées et des palais ornés des célèbres faïences d'Iznik, elle a su s'imposer comme un motif de prédilection dans l'art architectural turc.
Originaires d'Asie centrale, ces fleurs en forme de pic, aux couleurs infinies, ont été introduites en Anatolie par la Perse. Leur popularité a énormément crû au XVIe siècle, lorsque l'Empire ottoman a conquis une partie du Kazakhstan actuel. Une légende raconte que le sultan Selim II fit venir 300 000 bulbes en 1574 pour embellir son palais à Topkapi. Cela dit, son prédécesseur, Soliman le Magnifique, avait déjà consacré la tulipe comme symbole de pouvoir.
Bien que la tulipe ait perdu une partie de sa valeur mythique, son attrait demeure intact. Dans un contexte de crise et d'inflation, ces jardins publics offrent une évasion gratuite et appréciée pour les habitants d'Istanbul et les touristes en quête de beauté et d’évasion.
Selon une étude récente du Hürriyet Daily News, la tulipe continue d'attirer des foules chaque année. Des experts soulignent son rôle non seulement en tant qu'élément de culture, mais aussi comme un moyen de rassembler les gens autour d'une passion commune.







