Le Fonds Monétaire International (FMI) a émis un avertissement ce mardi concernant les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, notamment depuis le début du conflit entre Israël et l'Iran. Pierre-Olivier Gourinchas, chef économiste du FMI, a cité une révision à la baisse des prévisions économiques, soulignant que très peu de pays sortiront indemnes de cette crise.
« Avant le déclenchement de la guerre, nous étions optimistes quant à une croissance robuste », a déclaré Gourinchas à l'AFP. « Au contraire, nos attentes doivent maintenant être ajustées. » Cela fait écho aux attentes d'une croissance mondiale modeste, projetée à 3,1 % pour cette année, soit une révision à la baisse par rapport à janvier. En fonction de l'évolution du conflit, le FMI alerte qu'une prolongation de la guerre pourrait voir cette croissance plonger à 2 %, un scénario plutôt alarmant à l'échelle mondiale.
Les États-Unis, cependant, devraient faire partie des pays les moins touchés, avec une prévision de croissance de 2,3 % pour 2026, une légère baisse par rapport aux anticipations précédentes. Cela s'explique notamment par l'absence de perturbations économiques majeures liées à la guerre, comme cela est le cas pour de nombreuses nations.
La flambée des prix de l'énergie a également conduit à un raffermissement des prévisions d'inflation. Le FMI table sur une hausse globale de 4,4 % cette année, en raison des complications sur le marché énergétique. Gourinchas a ajouté : « Bien qu'il y ait une légère augmentation des prix, celle-ci devrait rester temporaire, avec une éventuelle reprise de la décélération des coûts d'ici 2027. »
Les économies émergentes s'adaptent
Le FMI a mis en lumière que les effets de la guerre varient considérablement selon les régions. Alors que le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord subissent un dur coup, avec la croissance de l'Arabie Saoudite révisée à 3,1 % pour 2023, d'autres économies, notamment en Asie, semblent faire preuve de résilience. La Chine et l'Inde, par exemple, n'enregistrent que des baisses marginales, proches de 0,1 %, avec des prévisions de croissance revues à la hausse pour l'Inde.
Du côté des économies avancées, tandis que les États-Unis demeurent relativement protégés, le Royaume-Uni se retrouve en grandes difficultés avec une prévision de croissance abaissée à 0,8 %. La zone euro n'est pas épargnée non plus, sauf que la France semble mieux s'en sortir, avec des ajustements moins sévères par rapport à l'Allemagne et l'Italie. Gourinchas met en garde : « L'augmentation des dépenses pour soutenir les ménages pourrait avoir un impact négatif sur la dette budgétaire. »







