Lucette et Claude Huau, 87 et 85 ans, se battent pour conserver leur maison sur l'île de Ré. Les Huau sont les derniers habitants permanents parmi les 370 parcelles que le Conservatoire du littoral souhaite acquérir pour renaturer la zone de Rivedoux et Sainte-Marie-de-Ré. Leur maison maritime, prisée des promeneurs et pleine de charme, tient une place particulière dans leur cœur.
« Quand je prends soin de mes fleurs, affirme Lucette, de nombreux passants s'arrêtent pour admirer cet endroit, qu'ils qualifient de paradis. » Selon les rumeurs, des jeunes leur auraient récemment demandé si leur maison était à vendre. Pourtant, leur attachement à cet espace est indéfectible.
Au cœur de ce projet de renaturation, le Conservatoire du littoral envisage de récupérer 1 835 m² de leur terrain ainsi que d'autres parcelles privées dans le secteur, dans le cadre d'une procédure rare d'expropriation. Une enquête publique a été lancée, mais le couple espère une issue favorable.
Un amour ancré dans la terre
Claude et Lucette sont devenus résidents permanents depuis 2001, mais leur histoire avec l'île de Ré remonte à 1973, lorsqu'ils ont découvert ce coin de nature lors d'un séjour en caravane. Leurs souvenirs s'entrelacent avec les générations familiales, et leur maison a été le lieu de nombreux rassemblements heureux, engendrant trois enfants, huit petits-enfants, et même dix arrière-petits-enfants.
« À cet âge, laissons-les tranquilles ! C’est le seul terrain habité à l’année dans cette région, pourquoi ne pas faire une exception ? », déclare Thierry Rothé, l'un de leurs gendres.
En effet, la maison est le fruit d'années de dur labeur et d'amour. Claude, habile bricoleur, y a installé un système autonome d'électricité grâce à des panneaux solaires et un réservoir d'eau de pluie. Son gendre souligne d'ailleurs que c'est peut-être « la maison la plus écologique de l'île ». Le décor, avec un grand pin parasol planté par Claude, évoque plusieurs décennies de vie entière dédiée à ce havre de paix.
Émotions en onc ne politique
Cependant, la menace d'expropriation cause une onde de choc. Claude exprime son besoin d'espoir face à cette adversité. Les souvenirs des étés passés, tels qu'ils sont profondément ancrés dans leur famille, rendent la perspective du départ particulièrement douloureuse. C'est pour cela qu'une pétition intitulée « Île de Ré : sauvons les terrains familiaux menacés d'expropriation » a été mise en ligne sur change.org et a déjà recueilli près de 1 400 signatures.
Les témoignages publics et la pétition résonnent avec des sentiments de soutien envers le couple. Alors que le préfet de Charente-Maritime va devoir statuer sur cette affaire, la communauté se mobilise pour que l'aspect humain soit pris en compte dans cette délicate situation.







