Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment rencontré des membres de la communauté magyarophone de Transcarpatie, un geste empreint de symbolisme à quelques jours des élections cruciales en Hongrie. Ce pays, connu pour ses liens étroits avec Moscou, joue un rôle clé en bloquant un prêt de l'UE destiné à Kiev.
« Ici en Transcarpatie, nous avons eu une rencontre avec notre communauté ukraino-hongroise. Chaque communauté en Ukraine mérite d'être écoutée et respectée », a déclaré M. Zelensky sur la plateforme Telegram.
Le président a aussi remercié les membres de cette minorité pour leur soutien dans la défense de l'Ukraine, engagée depuis plus de quatre ans dans un conflit avec les forces russes. Il a également salué l'effort commun de soutien envers les personnes déplacées et les entreprises affectées.
En réaction, Peter Szijjarto, le ministre hongrois des Affaires étrangères, a dénoncé sur X cette initiative comme étant une « mise en scène politique », tout en appelant Zelensky à mettre fin aux « conscriptions forcées » et à restaurer les droits des Hongrois en Ukraine, limités depuis 2015.
Par ailleurs, la dynamique entre Moscou et Budapest a été marquée par la récente libération de deux soldats ukrainiens d'origine hongroise par Vladmir Poutine, soulignant encore un rapprochement entre les deux nations.
Transcarpatie, située à la frontière des Hongrie, Pologne, Roumanie et Slovaquie, se trouve à plus de 1000 km des lignes de front du conflit, mais son rôle reste capital dans ces échanges politiques.
Alors que la Hongrie se démarque comme l'un des rares pays de l'OTAN et de l'UE à renforcer ses relations avec la Russie depuis le début de l'invasion en février 2022, les résultats des élections de dimanche prochain sont scrutés avec attention par Kiev.
Actuellement, Budapest retarde le décaissement d'un prêt de 90 millions d'euros à l'Ukraine tant que Budapest n'aura pas résolu la question des livraisons de pétrole russe via l'oléoduc, en partie endommagé par des frappes russes en janvier dernier, affirme le gouvernement ukrainien.
La Hongrie et la Slovaquie, exemptées de certaines restrictions de l'UE et des États-Unis, ont intensifié leurs importations de pétrole russe, accusant Kiev de négligence quant à la réparation de l'oléoduc Droujba.







