La sécurité du territoire français est plus que jamais une préoccupation majeure, alors que le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, a récemment exprimé des inquiétudes croissantes face à l’escalade des menaces russes. Lors d’une audition devant les députés de la commission de la Défense, il a déclaré que la perspective d'un conflit ouvert avec la Russie accaparait toute son attention.
"La permanence d’une menace russe sur notre continent demeure ma principale préoccupation pour la préparation de nos forces", a affirmé Mandon, soulignant les nécessités d’un budget militaire renforcé pour répondre à cette menace. Le gouvernement prévoit un ajout de 36 milliards d’euros au budget de la Défense, qui s’élève déjà à 413 milliards pour la période 2024-2030.
Une militarisation russe alarmante
Les craintes du général Mandon ne sont pas sans fundamento. Selon des informations relayées par plusieurs médias, dont Le Monde, les effectifs militaires russes devraient passer de 1,3 million de soldats en 2025 à 1,9 million d’ici 2030, accompagnés d'une augmentation significative du nombre de chars lourds.
Mandon a précisé que les effectifs de véhicules blindés devraient presque doubler, atteignant 7 000 unités, tandis que la flotte maritime devrait rester stable avec environ 240 navires. Ces chiffres, basés sur des données de renseignement, sont le reflet d'un climat géopolitique tendu où la guerre n’est plus une simple notion théorique.
Préparer la défense sans engendrer la panique
"Nous sommes en période de danger", a insisté le chef d'état-major, rappelant que la guerre est déjà une réalité pour de nombreux Ukrainiens qui résistent courageusement depuis plus de quatre ans. Tout en préconisant une vigilance accrue, Mandon a souligné l’importance d’éviter l’anxiété collective.
Le projet de loi d’actualisation de la Programmation militaire (LPM) a été présenté au Conseil des ministres et vise à renforcer les capacités de défense françaises dans un contexte international de plus en plus incertain. En juin dernier, lors d’une précédente déclaration, le général avait également averti que la France devait être prête à faire face à un choc avec la Russie d'ici trois à quatre ans.
Avec un diagnostic si alarmant et les besoins décrits par le chef militaire, les prochains mois pourraient bien voir un changement profond dans la stratégie de défense française, alors que Paris se prépare à répondre à des défis géopolitiques sans précédent.







