Dix-neuf individus, parmi lesquels un homme et 18 femmes, ont été formellement inculpés mardi en Indonésie pour leur implication présumée dans un réseau de trafic de nourrissons, tant vers l'étranger qu'au sein du pays. La cheffe présumée de ce réseau, une femme de 70 ans nommée Lie Siu Luan, a également comparu devant le tribunal de Bandung, sur l'île de Java.
Ces accusés s'exposent à des peines pouvant atteindre 15 ans d'emprisonnement en vertu des lois indonésiennes sur la traite des êtres humains et la protection des mineurs, selon des déclarations officielles.
Des bébés vendus à Singapour
Leur arrestation a eu lieu l'année dernière, suite à un signalement d'enlèvement d'un bébé. Les enquêteurs ont réussi à retrouver un suspect qui a avoué avoir vendu plus d'une vingtaine de nourrissons, dont certains n'avaient que trois mois. Le procureur Sukanda a confirmé que « la plupart de ces bébés ont été vendus à Singapour ».
Des opérations de sauvetage menées par la police ont permis de libérer plusieurs nourrissons retenus par le réseau en Indonésie, avant qu'ils ne soient commercialisés. D'autres bébés, déjà vendus en Indonésie, avaient été rejetés par des clients potentiels à Singapour.
Le réseau, qui a débuté ses activités en 2023, aurait réussi à transférer au moins 14 bébés vers Singapour. Chaque membre jouait un rôle spécifique dans le processus : certains s'occupaient de trouver les nourrissons, d'autres de leur prise en charge, et certains étaient chargés de l'élaboration des documents d'identité et de passeports nécessaires.
Il est important de rappeler que dans cet archipel à majorité musulmane, l'avortement est illégal, sauf dans des cas de viol ou de nécessité médicale, ce qui accentue la complexité des situations rencontrées par certaines familles.







