Iran : frappes sur les infrastructures avant la fin du délai imposé par Trump

Des frappes israélo-américaines touchent les infrastructures iraniennes avant l'échéance imposée.
Iran : frappes sur les infrastructures avant la fin du délai imposé par Trump
©Atta KENARE, AFP - Les installations du champ gazier de South Pars à Assalouyeh en Iran, le 19 novembre 2015

Des ponts et une route majeure ont été ciblés mardi en Iran, les autorités locales rapportant que les menaces d'Israël et des États-Unis d'attaquer des infrastructures civiles se concrétisent avant la fin de l'ultimatum de Donald Trump concernant le détroit d'Ormuz.

Alors que l'échéance américaine approche à 00H00 GMT, l'armée israélienne a déclaré avoir exécuté "une série d'attaques visées" contre de nombreuses installations jugées appartenant au régime iranien qualifié de "terroriste".

En ce 39e jour de conflit, des bombardements ont été signalés dans la province d'Alboz au nord de l'Iran. Selon des sources locales, dix-huit personnes, dont deux enfants, ont perdu la vie dans une zone résidentielle.

Deux ponts ont également été touchés au sud de Téhéran, dont un à Kashan, où deux personnes ont été tuées, et un autre près de Qom. Une autoroute essentielle reliant Tabriz a été fermée suite à une attaque, d'après la presse iranienne.

Les services ferroviaires vers Masshad, la seconde plus grande ville du pays, ont été suspendus après que l'armée israélienne a conseillé aux Iraniens d'éviter le train jusqu'à 17H30 GMT.

Des frappes ont également été dirigées sur l'île de Kharg, un point névralgique pour l'industrie pétrolière iranienne, selon l'agence Mehr et un journaliste du site d'information américain Axios.

- "Je suis terrifiée" -

À Téhéran, la population oscille entre anxiété et indifférence face aux menaces américaines. Metanat, une étudiante de 27 ans, a déclaré à l'AFP : "Je suis terrifiée, et tout le monde dans ce pays devrait l'être aussi". Elle a perdu une amie lors d'une attaque, ajoutant que certains prennent les menaces de Trump à la légère, mais que "c'est une guerre".

De son côté, Morteza Hamidi, un retraité de 62 ans, affiche une tristesse face à l'avenir de l'Iran, tout en se montrant sceptique quant aux ultimatums de Trump. "Il a modifié les échéances tant de fois que nous sommes devenus insensibles à ses menaces".

Donald Trump a récemment averti que "le pays entier pourrait être anéanti en une nuit", exprimant sa volonté de frapper des installations énergétiques et des ponts en Iran si le pays ne libérait pas le détroit d'Ormuz, où transitaient auparavant 20% du pétrole mondial.

En réponse, les Gardiens de la Révolution ont menacé de frapper des infrastructures qui priveraient les États-Unis et leurs alliés de pétrole et de gaz, promettant une riposte étendue si les "lignes rouges" étaient franchies.

- Appels à la diplomatie -

Alors que les tensions s'intensifient, les appels à une résolution diplomatique se multiplient. Cependant, tant l'Iran que les États-Unis ont rejeté les propositions de médiation, notamment celles émises par plusieurs pays, y compris le Pakistan. L'ambassadeur d'Iran à Islamabad, Reza Amiri Moghadam, a souligné que les efforts pacifiques du Pakistan entraient dans une phase critique.

Des propositions de cessez-le-feu de 45 jours ont été discutées, mais les exigences de Téhéran incluent la fin des conflits dans la région, un protocole sécurisé pour traverser le détroit d'Ormuz, ainsi que la levée des sanctions. En contrepartie, l'Iran serait prêt à lever le blocus en imposant un droit de passage de 2 millions de dollars par navire.

Sina Toossi, analyste au Centre pour la politique internationale à Washington, est sceptique quant à la possibilité que la destruction des infrastructures change la position de Téhéran. "La guerre a franchi un point de non-retour". Il conclut que l'Iran ne fera pas de concessions sur son contrôle du détroit d'Ormuz, peu importe les conséquences.

Des représailles sont déjà en cours, l'Iran ciblant quotidiennement des pays du Golfe, considérés comme des soutiens des États-Unis. Dans l'est de l'Arabie saoudite, un complexe pétrochimique a été touché, signalant une escalade potentielle des hostilités.

"Si cette escalade perdure, nous risquons de nous retrouver dans une situation incontrôlable", a mis en garde le porte-parole du ministère des affaires étrangères du Qatar, Majed al-Ansari.

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