Une enquête pour homicide routier a été ouverte après l'accident survenu le 7 avril.
« Nous avons le cœur lourd après la perte tragique de l'un de nos conducteurs lors de cet accident, survenu ce matin sur un passage à niveau entre Béthune et Lens, » a déclaré Jean Castex, président-directeur général de la SNCF, dans un communiqué. L'accident a eu lieu à 6h48 lorsqu'un TGV reliant Dunkerque à Paris a percuté un poids lourd - un convoi militaire exceptionnel - à Bully-les-Mines.
L'accident a causé la mort immédiate du conducteur du train, âgé de 56 ans, et blessé une quinzaine de personnes, dont deux grièvement. Le préfet du Pas-de-Calais, François-Xavier Lauch, a précisé que le TGV roulait à environ 160 km/h au moment de la collision.
Une enquête ouverte pour homicide involontaire
Le chauffeur du poids lourd, un Polonais de 30 ans, est actuellement en garde à vue pour « homicide involontaire aggravé par mise en danger délibérée d’une obligation de sécurité, » selon le procureur de la République. La question de savoir s'il a forcé le passage à niveau reste sans réponse, l'enquête étant encore dans ses débuts.
L’engin impliqué était un « convoi exceptionnel privé, » transportant un pont mobile des armées, utilisé récemment en Belgique. La responsabilité semble, pour l'instant, partagée.
Des témoins parlent d'un choc violent
Des témoins évoquent un « choc brutal et une grosse déflagration. » Pierre-François Dhoossche, un jeune homme de 22 ans présent sur les lieux, a décrit la scène : « J’ai entendu un gros boum et j’ai couru voir ce qui se passait. Le camion était légèrement au-delà du passage à niveau, alors que la remorque a été frappée par le train. »
Le pont mobile a été propulsé à une dizaine de mètres, tombant dans le jardin d’un riverain, Mickaël Mary, qui a aussi remarqué des flammes sur place. La sénatrice Amel Dahou Gacquerre, qui était à bord du TGV, a confirmé : « c’était une scène chaotique. »
Solidarité et enquêtes en cours
En réponse à ce трагique incident, la CGT a exprimé son chagrin et a appelé à des mesures d'accompagnement pour les collègues affectés. « Nous devons faire toute la lumière sur cet accident, » a déclaré le syndicat. En parallèle, le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre a été mobilisé, et le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a affirmé que le passage à niveau fonctionnait normalement au moment de l'accident.
Avec environ 15 000 passages à niveau en France, des statistiques alarmantes émergent, avec 89 accidents mortels enregistrés en 2024 selon SNCF Réseau. La situation actuelle soulève des questions cruciales sur la sécurité et le comportement routier aux passages à niveau.







