Cécile Kohler et Jacques Paris ont enfin pu quitter l'Iran mardi, après plus de trois ans passés en détention. Ce couple d'enseignants français, passionné de littérature et de voyages, cherchait à explorer ce pays fascinant lorsqu'ils ont été arrêtés, accusés d'espionnage.
En mai 2022, la France a appris leur arrestation. Initialement, on a découvert le visage souriant de Cécile, avec ses cheveux châtain mi-longs, avant que Jacques, un retraité au regard pétillant, ne soit également identifié. Après avoir été libérés de la tristement célèbre prison d'Evine en novembre dernier, ils étaient assignés à résidence à l'ambassade de France à Téhéran.
Cécile, originaire de Soultz en Alsace, a fêté son 41e anniversaire derrière les barreaux le 25 septembre 2025. Sa sœur, Noémie, a tout fait pour la faire libérer, confiant : "Cécile me disait que ce pays était +absolument incroyable+, et qu'elle était très heureuse de l'explorer".
Avec 30 ans d'écart, Cécile et Jacques partagent une passion pour la littérature, la poésie, et l'histoire de l'art. Selon Noémie, cette soif d'évasion et de découverte provient de leurs racines familiales : "Mon père a toujours voyagé; cette capacité à explorer le monde les anime".
Cécile, agrégée de lettres modernes, a été privée de ses livres pendant sa détention mais a toujours gardé un large répertoire de lectures. "Proust, Dostoïevski... Des bibliothèques pleines de livres, c'est notre héritage familial", souligne sa sœur.
Les témoignages de ses anciens élèves évoquent une enseignante passionnée, capable de captiver au-delà des frontières littéraires : "Elle me donnait envie de réussir", se rappelle Elise Romain, ancienne élève à Sartrouville. Jacques, quant à lui, est décrit par ses pairs comme un mathématicien talentueux, attentif et bienveillant.
Tous deux se sont également engagés dans le milieu syndical. Cécile a milité au sein de Force ouvrière, où elle est en charge des relations internationales pour la Fédération de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation Professionnelle. Cet engagement a été utilisé contre eux par les autorités iraniennes, qui les ont accusés de rencontrer des syndicalistes pendant leur séjour.
L'impact de Cécile au lycée Les Pierres Vives à Carrières-sur-Seine est indéniable. Une de ses collègues, Saliha, a partagé : "Elle m'a toujours soutenue, donnant à chacun autant d'importance que le corps professoral". Lors d'une dispute avec l'administration, elle était la médiatrice qui a su remettre en valeur le travail de chacun.
La prévoyance de Cécile de demander une mutation à Nantes pour être plus proche de Jacques reflète leur forte connexion, mais cela s'est soldé par un an inattendu derrière les barreaux. Ce chapitre de leur vie, bien que tumultueux, ne semble pas avoir entamé leur force ni leur passion pour la vie et l'éducation.







