En réponse à l'impact croissant du retrait-gonflement des argiles (RGA) sur leurs habitations, une trentaine de résidents de Vacquiers, une commune située au nord de Toulouse, a formé l'association SOS Maisons en Danger. Ce phénomène touche un nombre grandissant de Français, rendant leur situation alarmante.
Des fissures béantes parcourent la maison de Jean*, 75 ans, un résident de Vacquiers. Alors que sa structure a été acquise en 1980, il voit aujourd'hui son logement, jadis solide, se dégrader sous le poids des fissures. « J'envisageais de vendre pour financer une maison de retraite, mais elle a perdu de 40 à 50 % de sa valeur », témoigne-t-il, soucieux de la dégradation. Pour lui, l'inondation ou l'incendie d'une maison est une crise cardiaque, mais le RGA, c'est un cancer insidieux et silencieux, un mal difficile à déceler avant qu'il ne soit trop tard.
Dans ce village de 1 440 âmes, près de 20 % des habitations seraient touchées par ce phénomène. Le manque de reconnaissance en tant que catastrophe naturelle par la préfecture empêche les aides assurancielles nécessaires pour effectuer des réparations urgentes. En conséquence, des habitants désemparés ont formé l'association SOS Maisons en Danger (MEDAV) pour faire entendre leur voix face à cette crise, qui perdure depuis trop longtemps.
En collaboration avec l'association Urgences Maisons Fissurées, MEDAV milite pour une proposition de Grenelle visant à faire évoluer la législation sur le RGA. Jean souligne : « Nous ne comprenons pas pourquoi notre commune est exclue de la reconnaissance en catastrophe naturelle alors que des villes voisines comme Cépet et Montjoire en ont bénéficié. »
« Sans la catastrophe naturelle, on ne peut pas faire réparer »
Cette situation engendre des conséquences profondément psychologiques pour les propriétaires. Denis, un autre résident, raconte son désespoir face à des fissures qui rendent certaines fenêtres immobiles, causant des dommages à sa propriété. « Les réparations pourraient s'élever à environ 150 000 euros pour une maison estimée à 350 000, ce n'est pas supportable », confie-t-il, partagé entre frustration et angoisse.
Les bâtiments historiques de la commune, comme l’église Saint-Sernin, ne sont pas épargnés : des fissures notables apparaissent tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, menaçant leur intégrité. Michèle Begué, adjointe au maire, évoque une étude effectuée l'année dernière qui n'a pas validé la mise en péril de l'église, bien que la situation soit préoccupante.
L'association MEDAV et Urgences Maisons Fissurées doivent témoigner à l'Assemblée nationale le 15 avril pour discuter de solutions concernant le RGA. Ce phénomène pourrait toucher une maison sur deux en France, selon les derniers rapports du ministère de la Transition écologique, ce qui en fait une question de santé publique à ne pas négliger.







