Ce mercredi, devant la cour criminelle de la Loire-Atlantique, l'ancien policier, impliqué dans la mort d'Aboubacar Fofana en juillet 2018 à Nantes, a été longuement interrogé. Bien qu'il persiste à évoquer un tir accidentel, plusieurs contradictions dans ses déclarations ont été relevées. « Ça s'est passé en une fraction de seconde », a déclaré l'ex-CRS de 59 ans, rappelant ce jour fatidique où un contrôle routier a mal tourné, menant à la mort tragique de Fofana, âgé de 22 ans.
Après avoir d'abord décrit un tir en légitime défense, il a finalement affirmé n'avoir pas réalisé qu'il avait appuyé sur la détente. En réalité, l'accusé a révélé qu'après un contrôle apparemment banal, il avait entendu la détonation alors qu'il tentait de maîtriser le conducteur de la voiture.
Ce jour-là, selon ses propres mots, « j'avais le pouls à 200, et j'ai sorti mon arme ». Cependant, les témoignages de ses collègues et de témoins civils montrent un tableau bien différent. Certains affirmant que sa première notification radio après le tir a omis les mots « accidentel », ce qui soulève des questions sur la véracité de ses déclarations.
Les débats ont donc mis en avant des éléments importants : si le conducteur semblait calme, qu'est-ce qui a justifié le recours à l'arme ? L’instance a également mis l’accent sur le fait que la voiture était à l’arrêt au moment du tir, laissant supposer une réaction excessive de l’ancien brigadier-chef.
Les contradictions de son récit, où il a par ailleurs évoqué un tir volontaire de légitime défense à plusieurs reprises, ont incité la présidente de la cour à l’interroger sévèrement sur la crédibilité de sa version. « Vous ne pensez pas que vous adaptez vos éléments au dossier ? », a-t-elle demandé, remettant en cause son intégrité dans ses déclarations.
Pour sa part, l'accusé a admis avoir menti en déclarant initialement que le tir était volontaire. « J'étais sous le choc, je ne savais plus quoi dire », a-t-il avoué, tout en maintenant que son tir était accidentel, soutenant qu'il avait agi sous l'effet de la panique.
Les débats, qui se poursuivent, soulèvent des interrogations profondes sur l'usage de la force par les forces de l'ordre, alors que de nombreux experts de la sécurité publique préconisent une formation accrue des policiers pour gérer des situations à risque sans recours disproportionné à l'armement. L’avocat général a aussi mis en avant que ces événements renforcent la nécessité d'une transparence et d'une responsabilité accrues au sein des forces de police.
Le verdict est prévu pour vendredi, et l'ex-CRS court un risque de 20 ans de prison. Ce procès soulève non seulement des enjeux juridiques, mais aussi des questions sociétales, alors que la France continue de débattre de la relation complexe entre police et communauté.







