Le 13 janvier, au tribunal correctionnel de Marseille, l'ancienne directrice de la prison des Baumettes a livré un récit bouleversant. Après la divulgation sur les réseaux sociaux d'un « contrat » attribué à la DZ Mafia promettant 120 000 euros pour son assassinat, elle a dû faire face à un lien direct avec la menace qui pèse sur elle. Deux détenus, suspectés d’avoir relayé ce message, se sont présentés devant la justice pour « apologie publique de crime » et « intimidation ».
Ce simple post en ligne a eu des répercussions dévastatrices. Selon BFMTV, aucun des deux prévenus n’était présent lors de cette audience. L’une d'elles a choisi de ne pas se rendre au tribunal, purgant une peine pour « vol avec violence » et d'autres crimes. L'autre, connectée en visioconférence depuis la prison de Nantes, était déjà incarcérée pour des délits graves tels que « viol » et « proxénétisme aggravé ».
« Vous avez brisé ma vie ! »
La directrice, actuellement sous protection policière, a décrit les conséquences de ce message de mort. "Vous avez brisé ma vie ! Cette menace a changé ma réalité. C'est un appel à l'assassinat qui met en danger ma vie, celle de ma famille et de mes amis," a-t-elle déclaré avec émotion. Forcée de quitter Marseille en deux semaines pour un poste qu'elle n'a pas choisi à Paris, elle a exprimé son état de détresse, affirmant qu'elle vit dans l'isolement depuis plus d'un an.
« J’ai été arrachée à mon environnement professionnel six mois avant l’ouverture de Baumettes 3, un projet auquel je tenais » a-t-elle ajouté, soulignant son mal-être actuel. Les conséquences psychologiques de cette situation sont visibles, et elle se sent à la merci d'une situation qu'elle n'a pas choisie.
La défense contestée
Le détenu qui a comparu en visioconférence a tenté de se défendre en affirmant qu'il n'avait aucun lien avec Marseille ou le narcotrafic, exprimant des remords pour son acte. "Je n'ai pas prêté attention à ce qui était écrit en petit. Je suis très désolé d'avoir relayé ce message, je regrette énormément," a-t-il déclaré. Cependant, sa justification n’a pas trouvé écho auprès de la procureure, qui a requis une peine de deux ans de prison, incluant six mois avec sursis, ainsi qu'un mandat de dépôt contre les deux prévenus.
Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité des employés pénitentiaires et la portée des menaces dans un environnement déjà tendu. Des experts en criminologie mettent en avant l'importance de protéger ces professionnels et de prendre en compte le risque psychosocial engendré par de telles intimidations. La situation mérite une attention particulière afin d'éviter que de tels événements ne se reproduisent à l'avenir.







