Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a annoncé récemment un changement imminent de ses règles de financement, visant à protéger l'art de la création face à l'intelligence artificielle. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a précisé lors d'une rencontre au Festival de Cannes que cette décision est essentielle pour préserver l'intégrité de l'œuvre cinématographique.
Selon Mme Pégard, "La création n'est pas la réutilisation, c'est un acte d'innovation". Elle souligne que l'innovation naît souvent de la confrontation avec d'anciennes formes artistiques, insistant sur le fait que l'IA doit être considérée comme un outil au service de la création, et non comme un substitut au créateur.
Un principe simple, aider la création humaine
"L'intelligence artificielle peut faciliter et enrichir le processus de fabrication des films", a-t-elle déclaré. "Mais une œuvre reste avant tout le reflet d'une intention artistique, d'un regard et de sentiments". Ainsi, le CNC ne financera pas les œuvres dépourvues d'auteur, et seule l'interprétation humaine sera éligible au soutien dans le cadre des doublages, a-t-elle ajouté.
La ministre a pris soin de clarifier qu'il ne s'agit pas d'interdire l'intelligence artificielle dans le domaine cinématographique. "Nous ne financerons pas des créations où l'IA remplacerait le créateur. Nous devons veiller à ce que la création humaine soit toujours au cœur du processus, tant pour le partage de la valeur que pour la protection des emplois", a-t-elle expliqué.
Cette initiative arrive à un moment critique pour le secteur, où les diffuseurs, y compris les plateformes de streaming, sont tenus d'investir une partie de leur chiffre d'affaires dans des productions nationales. Avec plus de 800 millions d'euros de budget annuel, le CNC joue un rôle fondamental dans la pérennité du 7e art en France.
Dans ce contexte, la rencontre de Mme Pégard avec ses homologues européens pour discuter de la protection des œuvres et de la réglementation des intelligences artificielles est cruciale. Le CNC se positionne donc comme un acteur majeur de la défense de la création artistique face à l'évolution technologique.







