Le sénateur Pierre-Jean Verzelen (Horizons) a récemment déposé une proposition de loi visant à autoriser l'utilisation de caméras de vidéoprotection algorithmiques, capables de détecter des situations critiques tant dans l'espace public que privé. Ces systèmes pourraient, par exemple, repérer un vol à l’arraché, prévenir un début d'incendie, identifier un individu armé ou reconnaître un passant en détresse.
Actuellement en phase expérimentale, la vidéosurveillance algorithmique (VSA) a été testée durant les Jeux Olympiques de Paris. Bien qu'elle reste interdite dans l'ensemble du pays, des essais se multiplient dans plusieurs domaines. Au mois de février dernier, l'Assemblée nationale a validé une expérimentation de la VSA dans les commerces, pour détecter en temps réel les vols. Cette initiative a été reprise sous forme d’amendement au projet de loi Ripost, discuté au Sénat.
Le sénateur Verzelen a déclaré : « Ce sujet sera sans aucun doute au cœur des prochaines élections. Plusieurs propositions se concentrent sur l'expansion de la VSA, de son utilisation dans les commerces jusqu'aux transports en commun. J’ai déposé une proposition pour élargir cette utilisation, car il est essentiel de s’adapter à cette évolution technologique. »
« La France ne peut pas rester à l’écart de cette évolution »
Verzelen a insisté sur le fait que la France doit suivre le mouvement déjà amorcé par d'autres pays comme la Belgique et le Royaume-Uni. Il a mentionné que les caméras déjà en place disposent souvent de capacités algorithmiques, mais qu'elles sont désactivées au moment de l'installation. « Cela ne nécessitera pas de dépenses démesurées », a-t-il ajouté. Cependant, il souligne la nécessité de développer des logiciels français pour assurer la souveraineté numérique de la France face aux innovations asiatiques.
Cette proposition stipule également que l'usage de ces logiciels nécessitera l'approbation du représentant de l'État dans le département, afin de garantir leur nécessité et leur proportionnalité. Cette revendication séduit de nombreux élus locaux, puisque près de 95 % des maires se montrent favorables à ces outils pour améliorer la sécurité sur leur territoire. A Nice, par exemple, des caméras algorithmiques avaient pour but de surveiller les véhicules stationnés devant les écoles, bien que cette pratique ait été interdite par le Conseil d'État.







