Face aux incertitudes financières, il semble que les Français optent majoritairement pour des investissements sans risque pour faire fructifier leur épargne. Cependant, leurs attentes en matière de rendement sont souvent éloignées des réalités du marché. En effet, les placements à capital garanti ont généré des rendements bien inférieurs à ceux des actions ces dernières années.
Une tendance à la sécurité
Le baromètre de l'épargne 2024, réalisé par l'AMF et Audirep, révèle une propension marquée des Français à privilégier les supports d'épargne offrant une garantie de capital. Sur l'échantillon interrogé, 83 % déclarent avoir placé des fonds sur des livrets d'épargne (tels que le Livret A, LEP, LDDS) et 20 % optent pour des placements sécurisés, tels que l'assurance-vie ou le PER. À l'opposé, seuls 12 % se tournent vers la Bourse, et 8 % vers les cryptomonnaies.
Les performances des investissements
Les données de l'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF), concernant les performances sur 40 ans (1984-2024), illustrent bien l'écart de performance entre les différentes formes d'investissement. Les actions ont affiché un taux de rendement annuel moyen de 11,8 %, alors que le Livret A ne rapporte que 3,39 %. Au cours de la période 2019-2024, la tendance se maintient : les actions offrent un rendement moyen de 6,17 % chaque année, contre seulement 1,79 % pour le Livret A.
Des attentes en décalage
Malgré ces chiffres, le baromètre révèle que les Français semblent sous-estimer les limitations des produits d’épargne sans risque. 46 % des répondants estiment qu'un placement sûr devrait générer entre 3 et 4 % de rendement, tandis que 27 % aspirent à un rendement entre 5 et 6 %. Par ailleurs, 16 % espèrent même des retours supérieurs à 6 %. En réalité, le Livret A a récemment vu son taux d'intérêt réduit à 2,4 % depuis février, et le rendement des supports à capital garanti s'établit à 2,6 % en 2024, soit un rendement réel inférieur après prélèvements sociaux.
En ce qui concerne les placements plus risqués, 49 % des sondés estiment pouvoir se contenter d'un rendement compris entre 5 et 9 %. Les analyses de l’IEIF confirment que, sur le long terme, le potentiel de rendement des actions est généralement plus élevé, soulignant l'importance d'une diversification judicieusement pensée dans les stratégies d'épargne.







