Stéphanie et Fabrice, gérants de l'unique boulangerie de Précigné, une petite ville du sud de la Sarthe, se retrouvent dans une situation financière critique. En raison de l'augmentation des prix de l'énergie et des matières premières en 2023, ils ont cumulé de nombreuses dettes et sont obligés de recourir à une cagnotte en ligne pour maintenir leur activité.
Le tournant décisif a eu lieu le 24 mars 2026, lorsqu'un huissier est venu faire l'inventaire de leurs biens. "Il nous a laissé quinze jours pour trouver une solution. Cela met en danger non seulement notre entreprise mais aussi notre patrimoine personnel", indiquent-ils. Depuis qu'ils ont repris la boulangerie en 2021, Stéphanie et Fabrice, qui emploient trois salariés et deux apprentis, doivent faire face à une dette de 30 000 € d'URSSAF et à des prêts bancaires. Leur trésorerie est à un niveau alarmant.
Face aux défis croissants, Stéphanie explique : "Depuis 2023, nos dépenses énergétiques ont plus que doublé, passant de 18 000 € à 38 000 €. Cette somme aurait pu nous aider à rembourser nos dettes à l'URSSAF." Les répercussions de la guerre en Ukraine et la flambée des prix du blé ont aggravé leur situation. Le couple évoque une perte de 40 % de leur clientèle, de nombreux clients se tournant vers les grandes surfaces.
Un dilemme pour la boulangerie et ses clients
"Comment augmenter nos prix sans perdre nos clients?" se demande Fabrice. "Ils doivent faire des choix difficiles, renonçant même à leurs petites indulgences. Lorsque j'ai discuté avec un client lors des fêtes, il m'a dit qu'ils ne pouvaient plus se permettre un gâteau, bien qu'ils achètent toujours leur pain".
Le couple reste en contact avec sa clientèle fidèle, mais beaucoup sont tentés par la concurrence. "Si notre boulangerie ferme, comment vont faire les habitants?" s'inquiète Edmonde, une cliente. En parallèle, Marcel, un autre client, souligne que bon nombre de clients se rendent dans les grandes surfaces de Sablé, mettant en évidence la lutte pour la survie de l'unique boulangerie du village.
Des sacrifices personnels pour maintenir l'entreprise
Stéphanie, quant à elle, ne blâme pas ces clients. "Il est inconcevable de rivaliser avec les grandes surfaces", ajoute-t-elle, en faisant référence à leurs chocolats de Pâques faits maison vendus à partir de 2 €. "Alors que certains œufs se vendent à 20 €, nous offrons une alternative locale".
Avec l'espoir que leur appel à l'aide sera entendu, Stéphanie et Fabrice prévoient de rencontrer le maire puis leur banquier. Ils souhaitent avant tout solutionner leurs dettes, même si la situation semble désespérée. "Nous n'avons pas été payés depuis deux mois", conclut Stéphanie. "C'est frustrant d'avoir tant investi, tant de temps et d'argent, et de voir tout cela menacé".







