Des nouvelles encourageantes émergent de l’interprofession du foie gras, le Cifog, qui annonce un retour progressif de la production en France. Selon Fabien Chevalier, président du Cifog, la filière a pu stabiliser sa production à plus de 16 800 tonnes pour l’année 2025, grâce à la stratégie vaccinale mise en œuvre depuis octobre 2023. Ce retour réjouissant s’inscrit dans un contexte de crise sanitaire sévère, causée par l’influenza aviaire, qui a ciblé de nombreuses régions, notamment le Sud-Ouest où des millions de canards ont été touchés.
Malgré les défis persistants, les efforts de vaccination ont permis d’éviter une crise encore plus profonde. Il est à noter que l'échelle de la contamination est alarmante, avec 5 762 oiseaux sauvages infectés et 707 foyers détectés dans les élevages de toute l'Europe, impactant particulièrement des pays comme la Bulgarie et la Hongrie, ainsi que des producteurs français. En France, pendant la saison 2025-2026, seulement 121 foyers de grippe aviaire ont été identifiés, mais les conséquences économiques ont été lourdes, entraînant la mise à mort de 1,7 million d'animaux, dont 262 550 palmipèdes gras, représentant une perte de 22 millions d'euros.
Marie Laborde, directrice adjointe du Cifog, a souligné: "À ce jour, nous n’avons pas d’engagement de l’État sur la poursuite de son soutien, alors qu’il est indispensable pour la pérennité de la filière. La protection des canards a un impact bénéfique sur l’ensemble du secteur avicole."
Alors que la vaccination nécessite une aide significative, l’État a vu son soutien diminuer progressivement, passant de 90 % à un niveau incertain, laissant planer des doutes sur la pérennité de l’aide financière. Cette situation a conduit la filière à appeler à une réforme européenne qui permettrait d’alléger les coûts liés à la surveillance sanitaire.
Sur le plan commercial, les ventes ont montré une légère hausse, augmentant de 6,9 % en volume, mais les exportations ont diminué de 4 %. La France, reconnue comme premier producteur mondial de foie gras, a perdu son principal client, le Japon, bien que les discussions en cours laissent entrevoir une éventuelle reprise. L'inquiétude se porte également sur la montée de la Chine, devenue le deuxième producteur mondial, qui pourrait menacer le marché européen dès que des normes d’exportation seront établies.







