Le procès du navigateur Kevin Escoffier, une figure emblématique de la course au large, est désormais fixé au 9 novembre. Ce report a été décidé par le tribunal correctionnel de Lorient à la suite d'une demande du parquet. En effet, le ministère public a justifié cette décision par le dépôt tardif d'une importante quantité de documents par l'avocate du skipper breton, Me Virginie Le Roy. Cette dernière conteste fermement les accusations qui pèsent sur son client.
Me Le Roy a fait parvenir une volumineuse pile de documents, atteignant une quinzaine de centimètres de hauteur, un fait que le représentant du parquet a jugé problématique. "Ces pièces, je ne les connaissais pas... Je ne serai pas en mesure de répondre à Me Le Roy", a-t-il exprimé, soulignant l'impact de ce retard sur le bon déroulement du procès.
Cela étant dit, l'avocate de Kevin Escoffier a évoqué la possibilité d'une nullité de la procédure, qualifiant l'enquête de "totalement en dehors des clous". Après le renvoi, elle a accusé les enquêteurs d'avoir interrogé les plaignantes de manière orientée, suscitant des interrogations sur la conduite de l'enquête.
Les avocats représentant les quatre plaignantes, toutes présentes lors de l'audience, ont soutenu la demande de report du parquet. L'une des avocates, Me Caroline Toby, qui défend une ancienne attachée de presse de Escoffier, a exprimé sa satisfaction face à l'ordre du président, qui a également demandé des informations complémentaires concernant les nouveaux éléments du dossier.
Les poursuites contre Kevin Escoffier ont été initialement lancées par une Française de 33 ans, qui l'accuse d'agression sexuelle dans un bar à Newport (États-Unis) en mai 2023. Selon son témoignage, alors sous l'emprise de l'alcool, le skippeur aurait profité d'une accolade pour lui toucher les seins et les fesses. D'autres témoignages ont fait surface, avec trois autres femmes dénonçant des comportements similaires survenus entre 2017 et 2018, dont certains à Melbourne, au Brésil et à Lorient.
À l'extérieur du tribunal, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées pour soutenir les victimes, notamment à l'initiative du collectif féministe NousToustes Lorient. Parmi les manifestantes, Marine, 42 ans, a partagé son expérience avec des agressions sexuelles dans le milieu de la course au large. "Cela faisait partie de la vie et je pensais que c'était normal", a-t-elle déclaré à l'AFP. Elle espère que ce procès fera évoluer les mentalités dans le monde maritime.
Marc, un ancien navigateur de 40 ans, présentait également son soutien. Il a souligné la nécessité d'un changement culturel face au sexisme rampant et aux agressions, affirmant : "C'est vraiment commun". En tant qu'homme, il souhaite participer à cette évolution des mentalités, reconnaissant sa propre responsabilité dans ce combat.
Pour rappel, Kevin Escoffier est devenu célèbre lorsque sa vie a été mise en danger lors du Vendée Globe 2020, où il a été secouru après avoir été naufragé durant une tempête. Cette nouvelle affaire résonne désormais comme un défi pour la communauté de la voile.







