Au cœur d'une affaire retentissante de trafic de drogue, le parquet a requis lundi la relaxe de François Thierry, ancien chef de l'Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis). Il est accusé de complicité de trafic suite à l'acheminement, par son informateur principal, de sept tonnes de cannabis à Paris, en 2015.
L'absence de Sophiane Hambli, l'indic jugé par défaut et présenté comme le 'commanditaire' de cette cargaison, a compliqué les débats. Le ministère public a requis une peine maximale de 20 ans de prison contre lui, allant jusqu'à qualifier sa relation avec le commissaire de manipulation.
Le procureur, tout en reconnaissant les échecs de l'opération menée en octobre 2015, a précisé: 'Je ne suis pas convaincu par la responsabilité pénale de François Thierry.' Ce dernier a, durant le procès, défendu la stratégie 'Myrmidon', qui visait à infiltrer des filières criminelles, au prix, selon lui, d'entrées de drogue sur le territoire, afin d'appréhender les têtes de réseau.
Des réquisitions de peines de jusqu'à 10 ans de prison ont également été sollicitées pour une quinzaine d'autres co-accusés dans ce dossier qui a suscité un débat public intense sur les méthodes de police antidrogue, détériorées par les événements de 2015, comme l'a rapporté France Info.
Les avocats de la défense ont réagi positivement à la position du procureur, estimant qu'il n'y avait pas de preuve de complicité. Me Francis Szpiner a exprimé : 'C’est encourageant que le ministère public reconnaisse le manque de fondement pour une condamnation'. Un point de vue partagé par plusieurs experts de la lutte antidrogue, qui soulignent l'importance d'un débat transparent sur ces affaires.
Parallèlement, l'avocate des douanes a réclamé 33 millions d'euros d'amende douanière à l'encontre de neuf prévenus, soulignant les enjeux financiers majeurs du trafic de drogue.
Prochainement, lors de la conclusion du procès, le 31 mars, les plaidoiries de la défense devraient apporter un éclairage supplémentaire sur cette affaire complexe. Pendant ce temps, François Thierry continue à clamer qu'il n'a jamais voulu dissimuler quoi que ce soit, malgré des erreurs de jugement mentionnées dans le dossier.
Reste à savoir si le tribunal suivra la requête du parquet ou s'il pensera à la culpabilité de l'ex-patron des stups à l'issue des débats.







