Face à une situation alarmante, les pêcheurs français sont en quête de solutions concrètes pour faire face à l'envolée des prix du gazole, qui met leur profession à rude épreuve. Lors d'une rencontre avec la ministre de la Mer, Catherine Chabaud, à Sables-d'Olonne, José Jouneau, président du comité régional des pêches des Pays de la Loire, a averti : "Le prix du gazole est le déclencheur d'une crise qui perdure depuis des années." Les pêcheurs se sentent "pris à la gorge" par une situation qui les pousse, pour certains, à rester amarrés à quai.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le prix du gazole marin a connu une hausse de 65 %, culminant à 1,01 euro le litre fin mars, selon l'observatoire du carburant de la Coopération maritime. Jérémy Rousseau, armateur à Noirmoutier, a exprimé son désespoir : "Un tiers en moins depuis le début de la crise. C'est limite rentable, mais nous devons continuer à naviguer avec les investissements consentis." Les statistiques montrent que la flotte française a diminué d'un tiers en 25 ans, avec une moyenne d'âge des navires atteignant 30 ans.
Les attentes envers le gouvernement se font pressantes. Sébastien Lecornu, ministre en charge, a promis des mesures d'accompagnement, mais les acteurs du secteur demeurent sceptiques. "Tout le monde attend du concret", a insisté Jouneau, appelant à un assouplissement des quotas. À Boulogne-sur-Mer, de nombreux bateaux sont contraints de rester inactifs, témoignant d'une crise sans précédent.
Les pêcheurs rappellent que des décisions politiques courageuses sont cruciales pour garantir la continuité de leur métier et, par extension, la souveraineté alimentaire du pays. Dans un communiqué, des pêcheurs bretons ont demandé des aides directes à la pompe, avertissant que sans cela, leur avenir est menacé.
Enfin, la nécessité d'adapter le cadre européen pour faciliter les aides directes a été réaffirmée par Lecornu et Chabaud. Comme l'ont souligné de nombreux experts, le coût du gazole représente en moyenne 40 % du chiffre d'affaires des pêcheurs, une proportion insoutenable à long terme.







