À Vitré, en Ille-et-Vilaine, la récente liquidation de la résidence Hermine par le groupe Heurus a plongé de nombreux résidents, dont une vingtaine de personnes âgées, dans un profond désarroi. Sans personnel ni services de restauration, ils doivent désormais faire face à une solitude aride.
« Explorez la résidence Hermine à Vitré, où il fait bon vivre », clamait une vidéo promotionnelle encore disponible sur le site web du groupe Heurus, reconnu pour ses résidences pour seniors. Nichée dans un charmant château du XIIIe siècle, offrant jardin à la française, restaurant et infrastructures variées, cette résidence semblait prometteuse. Cependant, à peine inaugurée en 2024, elle a fermé ses portes à la suite d'un jugement de liquidation par le tribunal de commerce de Nantes, le 18 mars.
Aucun respect pour les aînés
Les neuf employés ont vu leurs contrats de travail se terminer le même jour, tandis que la directrice fermait les portes, à l'exception du grand salon où se retrouvent les résidents. Abandonnés, sans aide pour se lever, ni repas, ces seniors, jadis rassurés par leur choix de vie, vivent désormais dans l'incertitude. « J’ai pleuré toute la matinée. Nous étions habitués à partager nos repas », témoigne Éliane, l'une des résidentes.
Le témoignage de Marie-Martine, 79 ans, est poignant : « J’ai la rage, la haine ! Nous avons été trompés par les promesses de Heurus. Il y a des résidents malades qui ne sont ici que depuis quelques mois. » Accusée de manque de transparence, l'entreprise Heurus, filiale du promoteur immobilier nantais Réalités, a fait l'objet d'un redressement judiciaire fin janvier, conséquence d'importantes difficultés financières.
Une communication défaillante
Florence Lebrun, dont la mère a intégré la résidence récemment pour des raisons de santé, juge la situation insupportable : « À aucun moment, nous n’avons été informés du risque de fermeture. » En réponse, la direction d'Heurus assure avoir communiqué la situation, précisant que la nouvelle avait été envoyée par courrier le 9 mars, suivie d'une réunion par visio.
Solidarité face à l'adversité
Malgré la détresse, des anciens employés, dont Isabelle, 57 ans, ont choisi de venir en aide aux résidents. « Je suis déçue pour eux. Je vais cuisiner des repas avec l’aide de mes collègues », dit-elle, les larmes aux yeux.
Une soixantaine d'occupants, luttant pour trouver des logements en urgence, se trouve dans une situation critique, comme l'explique Myriam, 51 ans, qui s'inquiète de la concurrence sur le marché locatif. Contacté, le maire de Vitré, Pierre Léonard, a pris des mesures : « Nous allons compiler une liste des logements disponibles pour accueillir les résidents dans l'urgence. » Une crise qui remet en lumière la nécessité de repenser l'accompagnement des seniors en France.







