A Quelaines Saint-Gault, l'église communale, autrefois menacée par un permis de démolition, a été sauvée grâce à l'intervention de l'association Urgences Patrimoine. Ce retournement de situation est particulièrement significatif pour la préservation du patrimoine français selon la présidente de l'association.
L'affaire a attiré l'attention bien au-delà de la Mayenne et a suscité un émoi général. En février dernier, Urgences Patrimoine a alerté le public sur le futur incertain de l'église de Quelaines Saint-Gault, qui devait être remplacée par un jardin du souvenir et un parking, projet validé par la mairie. La présidente, Alexandra Sobzack, a mobilisé des efforts considérables pour empêcher cette démolition. Pendant que l'église était en cours de déblaiement, l'avocat de l'association, Maître Théodore Carty, a déposé un recours en référé afin de suspendre la décision.
Ce recours a rapidement porté ses fruits, entraînant la suspension immédiate des travaux, et a été officiellement accepté le 17 mars. Maître Carty s'est exprimé : « C'est un véritable soulagement, surtout parce que cette décision est rare, attestant de l'importance patrimoniale de l'église, qui a justifié l'arrêt de sa démolition. » Il a également révélé que le plan local d'urbanisme de la commune prévoyait la conservation du patrimoine, incluant spécifiquement cette église.
« Si l’on fait tomber les clochers, à quoi va ressembler notre pays ? »
Alexandra Sobzack n’hésite pas à affirmer qu’aucun édifice religieux ne devrait être détruit sous prétexte qu’il n’a plus d’utilité : « En 2026, démolir une église est considéré comme une provocation pour beaucoup de Français, même ceux qui ne sont pas catholiques. Ils éprouvent un profond attachement à cet héritage, surtout dans les petits villages où ces bâtisses sont souvent le dernier vestige du patrimoine local. » Elle insiste sur la question de l’identité nationale, ajoutant : « Détruire ces symboles, c'est mettre en péril notre propre identité. »
L'église de Quelaines Saint-Gault est ainsi sauvée, mais la présidente d'Urgences Patrimoine attend encore l'issue du recours principal, qui pourrait prendre jusqu'à douze mois. Cela permettra de laisser le temps à des projets de sauvegarde d'émerger.
Rendre obligatoire la mise en vente des édifices avant leur démolition
Dans les semaines qui ont suivi le dépôt du recours, plusieurs acquéreurs potentiels ont manifesté leur intérêt auprès de la mairie, attestant ainsi de l'attachement des habitants à cette église. Alexandra Sobzack propose que, dans le cas de démolitions, la mise en vente des édifices soit rendue obligatoire avant de prendre toute décision. « Cela prouve que la mairie n'a pas exploré toutes les alternatives », soutient-elle.
En attendant, elle continue de faire appel à la mobilisation : « Même dans des situations désespérées comme celle de l’église Saint-Gault, il existe des solutions. La population se mobilise et c'est à ces moments que notre action a tout son sens... Il semble que le glas n'ait pas encore sonné pour cette église ! »







