La cour d’assises du Maine-et-Loire a prononcé, le 20 mars, une peine de réclusion criminelle à perpétuité contre Al Khawad Al Zine Sulaymane, un Soudanais de 36 ans, reconnu coupable d’avoir tué trois jeunes hommes à l’arme blanche durant l’été 2022. La tragédie s’est déroulée à Angers, où Sulaymane, alors fortement alcoolisé, a enchaîné les actes violents.
L’avocate générale a décrit les faits comme une « exécution » préméditée de ces jeunes, âgés de 16, 18 et 20 ans. Elle a souligné que ce dernier avait également tenté de nuire à d'autres victimes dans un cadre où la violence semble avoir été orchestrée.
Lors du procès, Sulaymane, visiblement impassible, avait déclaré : « Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. Je ne me le pardonnerai jamais, Dieu ne me le pardonnera jamais ». Ces mots ont résonné dans la salle d’audience, soulignant une profonde incompréhension face à ses actes.
Agression initiale et escalade violente
Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2022, alors qu’il s’attaquait à des passants dans une esplanade animée du bord de Maine, il a commis des agressions sexuelles sur des jeunes filles, entraînant la mobilisation de plusieurs personnes. Un affrontement a eu lieu, suivi de l’arrivée des secours, qui ne l’ont cependant pas arrêté, une absence d’interpellation vivement critiquée par l’avocate générale.
Après cette altercation, Sulaymane a quitté les lieux, mais est revenu plus tard, armé d’un couteau dissimulé. Il a attaqué trois jeunes hommes, causant des blessures mortelles en touchant des zones vitales, ce qui, selon l’avocate générale, relevait d’une « logique guerrière ».
Troubles mentaux et appel
Al Zine Sulaymane, arrivé en France en 2016 après un parcours chaotique à travers la Libye et l’Italie, avait vu son statut de réfugié révoqué. Son avocat a plaidé en faveur de sa prise en compte de troubles mentaux causés par un passé de violences. Cependant, la cour a reconnu une altération de son discernement sans réduire la peine, guidée par l'ampleur des crimes.
« Une peine autre que la perpétuité aurait été inacceptable pour les familles des victimes », a fait savoir Me Pascal Rouiller, représentant des parties civiles.
Al Zine Sulaymane a annoncé son intention de faire appel, via son avocate Me Valérie Castel-Pagès, en invoquant une injustice liée à la non-reconnaissance d'une diminution de peine en raison de son état mental.







