À l'approche du second tour des élections municipales, la situation s'électrise, particulièrement à Paris où un débat crucial se tiendra ce soir. Ce scrutin, devenu un match à trois, découle d'accords souvent controversés entre les partis.
Emmanuel Macron, lors d'un conseil des ministres, a exprimé son inquiétude face aux "arrangements des partis" avec les "extrêmes", jugés dangereux pour la République, comme l'a rapporté Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement.
Les projecteurs seront braqués sur la capitale où Emmanuel Grégoire, en tête d'une liste PS-PCF-Ecologistes, affrontera Rachida Dati (LR-MoDem-Renaissance-Horizons) dans ce débat. La candidate LFI, Sophia Chikirou, a été ajoutée à la dernière minute, complexifiant les échanges entre deux candidats de gauche en pleine rivalité.
Chikirou a accusé Grégoire d’avoir tenté d’empêcher sa participation, arguant que sa présence était le résultat d'une pression publique sur les réseaux sociaux.
Dati, quant à elle, se retrouve en position avantageuse après avoir intégré la liste Horizons-Renaissance de Pierre-Yves Bournazel, retraité de la course. Elle a également perçu un soutien opportuniste avec le retrait de la candidate du RN, Sarah Knafo, qui avait recueilli plus de 10% de voix au premier tour.
"J’entends les plus de 80.000 électeurs de Mme Knafo," a-t-elle affirmé sur Cnews-Europe 1.
Mais cette alliance a suscité des critiques à gauche, certains qualifiant ce soutien d'un "baiser de la mort". Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a même affirmé qu'il voterait Dati s'il était parisien.
Marine Tondelier, la dirigeante des Écologistes, a moqué les "arrangements de partis" évoqués par Macron, pointant du doigt son soutien à des figures controversées dans d'autres villes.
Pour Emmanuel Grégoire, le communiste Ian Brossat a défendu l'intégrité de M. Bournazel, surtout en contraste avec Dati qui doit faire face à des accusations de corruption.
Jeudi soir, les discussions s'ouvriront à Marseille où Benoît Payan, candidat de gauche hors LFI, espère tirer profit du désistement de l'Insoumis Sébastien Delogu.
Dans la droite lignée des tensions électorales, Bruno Retailleau, leader de la droite, a crée des remous à Nice après avoir retiré son soutien au maire sortant, Christian Estrosi, mal en point dans son duel contre Eric Ciotti du RN.
Le président de LR, qui aspire à unir les droites, a dénoncé ceux du RN qui pourraient favoriser la gauche en maintenant leurs candidats dans diverses villes.
Depuis ce mardi à 18h00, les listes sont définitivement acquises et les électeurs, appelés aux urnes ce dimanche, connaissent les enjeux qui les attendent.
À Bordeaux, l'annonce du retrait de l'économiste Philippe Dessertine a surpris, laissant le champ libre au candidat macroniste Thomas Cazenave face au maire écologiste sortant, Pierre Hurmic.
Lors de sa tournée dans le bassin minier du Pas-de-Calais, Marine Le Pen s'active également pour rassembler ses troupes et espérer des gains dans plus de 260 communes.
Dans le camp de gauche, la division persiste, notamment au PS où des membres réclament une rupture avec LFI, critiquant les accords passés à Nantes et Limoges.
"La politique commence par des valeurs", a souligné le député socialiste Jérôme Guedj sur France 2. Malgré cela, la direction du PS tente de relativiser l'influence des Insoumis sur la scène électorale.







