Près de la moitié des électeurs n'ont pas participé au premier tour des élections municipales à Saint-Nazaire, avec un taux de participation inférieur à 52%. Cette situation place l'abstention au cœur des préoccupations des candidats, qui voient en elle un potentiel réservoir de voix pour le second tour prévu dimanche 20 mars.
Le maire sortant, David Samzun, du divers gauche, a remporté 44,73% des voix, suivi à une distance considérable par Violaine Lucas, la candidate de la gauche unie, avec 21,98%. Le Rassemblement National, représenté par Julio Pichon, affiche un score de 17,25%, tandis que le candidat de la droite, Denis Chéraud, clôt la marche avec 13,93%.
Les candidats s'activent donc pour convaincre les électeurs absents. Mardi matin, lors du marché devant les halles de Saint-Nazaire, les candidats disposent de leur matériel promotionnel côte à côte. L'ambiance est à la cordialité, même si des échanges humoristiques éclosent entre les équipes de campagne. Samzun, qui est interpellé sur une éventuelle alliance avec les insoumis, répond avec une promesse claire : "Jamais! Je l'ai toujours dit et je n'ai pas pour habitude de changer d'avis".
La course pour convaincre
Pas de temps à perdre : les listes pour le second tour déposées, les candidats s'affairent à imprimer de nouveaux tracts et à organiser leurs derniers jours de campagne. Julio Pichon, le candidat du RN, ne cache pas son épuisement mais sait que chaque rencontre est cruciale : "C'est la dernière ligne droite et nous serons sur le terrain jusqu'au bout", annonce-t-il, continuant avec enthousiasme de discuter avec les citoyens.
Les candidats se rendent compte que beaucoup d'électeurs ignorent qu'il y a d'autres candidats en lice, à l'instar d'une habitante qui confie : "Ah bon, vous êtes au second tour ? On croyait qu'il n'y avait que le maire sortant et la candidate de gauche". Les tracts sont souvent arrachés dès le matin suivant leur affichage et certains, comme une dame âgée, restent désabusés face à la politique, affirmant : "Je n'y crois plus".
Dans les quartiers populaires : entre le RN et l'abstention
Chaque candidat s'exprime avec confiance sur leur capacité à atteindre ceux qui n'ont pas voté. Violaine Lucas, en quête des voix des abstentionnistes dans les quartiers défavorisés, souligne l'importance d'un contact direct avec les électeurs. "Rencontrer les habitants, discuter, c'est jamais perdu", explique-t-elle, bien consciente des défis qui l'attendent.
"Je refuse de voter, je n'y crois plus" - Gloria, deux enfants à la Chesnaie
Gloria, une maman de deux enfants, fait part de sa colère face à une politique qu'elle considère déconnectée de son quotidien. Elle décrit son logement social comme "crasseux et dangereux" et exprime son désespoir face aux promesses non tenues. Violaine Lucas essaie d'établir un dialogue, affirmant : "Je comprends leur résignation et leur colère", tout en s'engageant à être présente sur le terrain au quotidien si elle est élue.
Julio Pichon, pour sa part, est convaincu que les abstentionnistes sont majoritairement dans son camp. "Le match n'est pas fini tant que la cloche n'a pas sonné", rappelle-t-il, déterminé à continuer son marathon électoral pour convaincre jusqu'au bout.







