Les négociations en vue du second tour des élections municipales ont pris fin mardi à 18h. Des annonces de retraits et d'alliances de dernière minute ont émergé, comme celle de Sarah Knafo à Paris, qui a choisi de se retirer pour "faire barrage à la gauche", ou du candidat LFI, Sébastien Delogu, à Marseille, laissant le maire sortant Benoît Payan seul face au RN.
Le suspense était palpable. À Bordeaux, Philippe Dessertine, économiste arrivé en troisième position, a finalement décidé de ne pas déposer sa liste, ce qui complique la situation pour le maire écologiste Pierre Hurmic, désormais confronté uniquement au macroniste Thomas Cazenave.
À Paris, après avoir atteint le second tour avec difficulté, l'eurodéputée d'extrême droite Sarah Knafo a annoncé son désistement. Cela pourrait représenter une opportunité pour Rachida Dati, bien que cette dernière accuse un retard de 12,5 points derrière le socialiste Emmanuel Grégoire.
Rachida Dati a également obtenu une fusion de ses listes avec celles du candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel, qui s'est néanmoins retiré du scrutin.
Du côté gauche, l'Insoumise Sophia Chikirou maintient sa candidature, alors que Emmanuel Grégoire a confirmé son refus d'une coalition, suite à une campagne du premier tour particulièrement difficile.
À Marseille, Sébastien Delogu, qui avait maintenu sa candidature durant plusieurs semaines, s'est finalement retiré face à la menace d'une victoire du RN, représenté par Franck Allisio. Le maire sortant Payan, qui avait légèrement devancé Allisio au premier tour, a exclu toute alliance avec Delogu, ce qui a conduit ce dernier à prendre sa décision.
Jean-Luc Mélenchon a critiqué le "sectarisme" de Benoît Payan, considérant ce retrait comme un signe de dévouement pour l'avenir de Marseille.
Martine Vassal (LR), qui a obtenu 12,4% des suffrages, a annoncé qu'elle maintiendrait sa candidature.
Strasbourg a également vécu son lot de rebondissements. Jeanne Barseghian, maire écologiste sortante, a établi un accord avec LFI face à la menace d'une ancienne maire socialiste, Catherine Trautmann. Cette dernière a par ailleurs enregistré le soutien de Pierre Jakubowicz d'Horizons, laissant de côté le candidat LR Jean-Philippe Vetter.
Le PS, sous la pression de Marine Tondelier, a pris ses distances avec Trautmann, la qualifiant désormais "d'en dehors du parti" et en s'alignant derrière M. Vetter.
Le dépôt des listes rue fut marqué par d'intenses tractations à l’échelle nationale, plusieurs fusions intervenant entre LFI et PS, suscitant de vives critiques au sein même de ces formations. Raphaël Glucksmann a notamment attaqué ces collaborations en les qualifiant de "techniques" et non de fond.
Olivier Faure justifie ces alliances en soulignant l'absence de discrimination dans les programmes fusionnés, tandis que Marine Tondelier plaide pour un accès élargi à des politiques écologistes. Cependant, à Lyon, une tentative de fusion écologiste avec LFI a échoué, provoquant d'autres tensions.
À Poitiers, la fusion des listes entre Léonore Moncond'huy, maire écologiste, et Bertrand Geay, candidat Insoumis soutenu par les communistes, a été actée, illustrant encore les alliances émergeant de ces élections.
Ces pratiques ont suscité des réactions acerbes : Bruno Retailleau (LR) et Marine Le Pen (RN) ont dénoncé un comportement "hypocrite" et "déshonorant" au sein du PS. Gabriel Attal, de Renaissance, va encore plus loin en qualifiant ces accords de stratégie nationale masquée.
Jean-Luc Mélenchon, a même laissé entendre que les socialistes permettaient leur "achat" à vil prix pour le second tour, une déclaration qui a eu des répercussions sur la dynamique politique actuelle.
Les tensions internes au PS ne sont pas négligeables. Raphaël Glucksmann, tout en critiquant Faure, a aussi mentionné le retrait de plusieurs candidats de Place publique des listes fusionnées. Entre frustrations et divisions, le paysage politique français se redessine à la veille du second tour, attirant l'attention sur les enjeux électoraux à venir.







