Les derniers ajustements des candidats avant le second tour des élections municipales engendrent un tourbillon d'alliances et de désistements. À Paris, Sarah Knafo a décidé de se retirer "pour faire barrage à la gauche", alors qu'à Marseille, Sébastien Delogu des Insoumis a fait un pas en arrière, laissant Benoît Payan, le maire sortant, seul face au Rassemblement National.
Sarah Knafo, ayant amassé 10,4% des voix au premier tour, a révélé au Parisien qu'elle se désistait "pour Paris", ouvrant la voie à un potentiel retour en force de Rachida Dati, malgré un retard de 12,5 points face au socialiste Emmanuel Grégoire.
Dati avait également organisé une fusion de ses listes avec celle de Pierre-Yves Bournazel, qui a, cependant, décidé de se retirer de la course. Pendant ce temps, à gauche, Sophia Chikirou reste déterminée à concourir, alors qu'Emmanuel Grégoire refuse toujours toute alliance après un premier tour particulièrement tendu.
Les candidats ont jusqu'à 18H00 pour soumettre leurs listes, bien que beaucoup l'aient déjà fait, et des fusions entre La France Insoumise (LFI) et le Parti socialiste (PS) suscitent des critiques vives, y compris de la part de Raphaël Glucksmann, un allié du PS.
Les rebondissements continuent à Marseille, où Sébastien Delogu a finalement choisi de se retirer, provoqué par la menace d'une victoire du RN avec Franck Allisio, après avoir déclaré qu'il maintiendrait sa candidature. "Nous sommes, face au RN, le plus solide rempart", a-t-il affirmé, précisant avoir obtenu 11,9% des voix au premier tour.
Le maire sortant de gauche a rejeté toute alliance avec Delogu, qui a terminé avec un résultat serré (36,70%) contre Allisio (35,02%). Jean-Luc Mélenchon a critiqué le "sectarisme aveuglé" de Benoît Payan et a vu dans le retrait de Delogu une preuve de son "dévouement à Marseille".
À Strasbourg, la situation est tout aussi instable. Jeanne Barseghian, l'écologiste sortante, a conclu un accord avec LFI face à l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann, qui a vu son soutien s'éroder avec le ralliement de Pierre Jakubowicz, candidat Horizons soutenu par Renaissance.
Malgré la colère de Marine Tondelier, cheffe des écologistes, le PS s'est distancié de Trautmann, la qualifiant "en dehors du parti". Les tensions semblent s'accroître autour de ces alliances stratégiques.
Les socialistes, dans cet ultime sprint, jonglent entre considérations nationales et réalités locales, acceptant parfois des ralliements avec LFI, perçus comme "techniques", notamment à Nantes et Toulouse. Olivier Faure a justifié ces décisions, soulignant l'absence de racisme ou d'antisémitisme dans les programmes des listes.Les critiques fusent de toutes parts, de la droite au Rassemblement National, sur ce qui semble être un accord national dissimulé sous le vernis local.
Olivier Faure ne manque pas d'être moqué, même au sein de son propre camp, par des figures comme Raphaël Glucksmann, qui alerte sur un manque de transparence. Des alliances stagnent alors que les socialistes demeurent intransigeants dans plusieurs villes comme Paris et Marseille.
À Bordeaux, le paysage s'annonce également complexe, avec une triangulaire se dessinant entre l'écologiste Pierre Hurmic, qui a refusé d’une alliance avec LFI, le député Renaissance Thomas Cazenave, et l'universitaire Philippe Dessertine, soutenu par la droite et le centre.







