L'Insoumis François Piquemal et le socialiste François Briançon, deux figures montantes de la gauche toulousaine, ont annoncé lundi la formation d'une liste unique. Leur but ? Écarter Jean-Luc Moudenc, le maire sortant, lors des élections municipales à Toulouse.
Dans cette ville traditionnellement ancrée à gauche lors des élections, la convergence des listes LFI et PS, qui ont respectivement recueilli 27,5% et 25% des voix lors du premier tour, vise à renverser la tendance. Jean-Luc Moudenc, ex-LR, a obtenu 37% des suffrages et ambitionne de décrocher son troisième mandat.
Après de longues négociations, MM. Piquemal et Briançon ont décidé de se partager les rôles : en cas de victoire, Piquemal serait maire de Toulouse et Briançon prendra la tête de la métropole. Ce dernier a affirmé avoir consulté le leader du PS, Olivier Faure, pour établir cette alliance.
"Lorsque l'on est de gauche, il faut rassembler les forces", a déclaré Briançon. Cependant, son choix est controversé au sein du Parti socialiste, qui a jusqu'ici rejeté toute alliance nationale avec LFI. Plusieurs voix, dont celles du Parti radical de gauche (PRG), ont déjà exprimé leur désaccord. Le PRG a décidé de se retirer de cette union, tandis que Place publique envisage des mesures contre un de ses membres qui a choisi de soutenir cette fusion.
La présidente PS de la région Occitanie a également condamné ce rapprochement, soulignant "les décisions courageuses" de ses collègues qui ont choisi de ne pas partir en alliance avec LFI. Dans un entretien avec La Dépêche du Midi, elle a exprimé des réserves sur les engagements du programme de Briançon.
Moudenc a de son côté exprimé ses préoccupations face à cette combinaison, dénonçant une "nuit de marchandage politique". Il a mis en garde contre le risque d'une domination de l'extrême gauche, tout en appelant à une coalition autour de sa candidature pour éviter cette tendance.
Dans le contexte actuel, l'éventualité d'une victoire du Rassemblement national, avec Julien Leonardelli positionné en quatrième place, ajoute une couche d'incertitude. Leonardelli, préoccupé par les différents enjeux politiques, a alerté sur ce qu'il considère comme une "dangerosité du mouvement LFI".
Le Medef de Haute-Garonne a également exprimé sa désapprobation face à cette alliance, soulignant que l'avenir économique de Toulouse doit se construire en harmonie avec le secteur entrepreneurial, en désaccord avec les idées de LFI qui prônent une taxation accrue.
Malgré ces tensions, des experts comme Régis Godec, membre d'EELV, estiment que des compromis ont été faits des deux côtés et que cette union pourrait renforcer les programmes de chaque parti. "Certains prennent leurs responsabilités et œuvrent en faveur de la victoire", a-t-il affirmé.
Il convient de noter que François Piquemal, déjà élu conseiller municipal en 2020, avait alors contribué à la défaite d'une liste unie de gauche. Ironiquement, son élection comme député de Haute-Garonne l'avait contraint à renoncer à ce poste, permettant à Briançon d'entrer au conseil municipal à sa place.







