À l'approche de la fermeture du parc Marineland d'Antibes prévue pour début 2025, l'avenir de ses habitants marins, notamment les orques et les dauphins, demeure incertain. Alors que plusieurs établissements se disputent le droit d'accueillir ces animaux, deux noms émergent : le ZooParc de Beauval et la Loro Parque Fundación, située à Tenerife. Ces deux parcs se présentent comme des prétendants sérieux pour le transfert des cétacés.
Lors d'une audition organisée par la commission des Affaires économiques du Sénat, Rodolphe Delord, directeur du ZooParc de Beauval, et Martin Böye, directeur scientifique de la Loro Parque Fundación, ont exprimé leur volonté de prendre en charge ces animaux. Cette audition fait écho à l'inquiétude grandissante concernant les conditions de vie des cétacés restants au Marineland.
Un transfert vers le Whale Sanctuary Project au Canada ?
Initialement, le gouvernement français semblait privilégier une solution plus lointaine : un transfert vers le Whale Sanctuary Project au Canada, en Nouvelle-Écosse. Toutefois, les deux experts auditionnés ont critiqué cette option, pointant des inquiétudes quant aux conditions climatiques nord-américaines, jugées inadaptées, et à l'insuffisance des infrastructures pour accueillir ces spécimens marins. Martin Böye a d'ailleurs rappelé une récente visite du ministre canadien de la Pêche, qui avait renoncé à installer une colonie de trente bélugas, reflétant ainsi une certaine prudence face à l'accueil d'animaux dans des conditions suboptimales, comme le rapporte Nice-Matin.
Un projet à Tenerife privilégié ?
Pour sa part, Martin Böye a argumenté en faveur de la Loro Parque Fundación, qualifiant cette option de plus sécuritaire et conforme à la législation française. Le parc de Tenerife investit conséquemment dans la protection et la conservation des cétacés, avec un budget annuel de 1,7 million d'euros dédié à cette cause, selon Midi Libre. Malgré ses atouts, l'option de Tenerife a d'abord été rejetée par les autorités espagnoles et critiquée par des ONG en France, ce qui complique encore la situation.
Un refuge en France pour les dauphins ?
Un autre projet a également été soumis à la commission : celui du ZooParc de Beauval, qui propose de créer un centre d'études et de sauvegarde pour accueillir les douze dauphins de Marineland ainsi que ceux de Planète Sauvage, un zoo situé près de Nantes. Rodolphe Delord souligne que ce projet serait non lucratif, privilégiant l'éducation et la recherche. Cependant, le financement de ce centre, estimé entre 30 et 40 millions d'euros et prévu pour 2027, demeure problématique. Le manque de soutien politique pourrait compromettre la réalisation de ce projet ambitieux.







