La pénurie d'œufs en France suscite de nombreuses interrogations et réflexions au sein du secteur agricole. La Coordination rurale a récemment exprimé son souhait de voir les poules revenir dans des cages afin d'augmenter la production d'œufs. Cette proposition a été rapidement rejetée par l'interprofession, qui insiste sur le fait que les difficultés d'approvisionnement ne constituent pas une véritable pénurie. En effet, des experts affirment que la situation résulte d'un ensemble de facteurs structurels et économiques liés à l'évolution des normes de production.
Yves-Marie Baudet, président de la CNPO, a souligné que la filière visait une production à 90 % alternative d'ici 2030. Selon lui, il est essentiel de maintenir le cap vers des méthodes d'élevage plus respectueuses, en contraste avec la demande de retour aux cages. "C'est une question d'éthique et une tendance irréversible, le citoyen le réclame", a-t-il déclaré à l'AFP.
La position de la Coordination rurale a également été influencée par des préoccupations sanitaires, telles que la salmonelle et la grippe aviaire. Toutefois, ces problèmes n'ont pas affecté significativement la majorité des élevages ces dernières années. L'interprofession, de son côté, se concentre sur l'amélioration des contrôles sanitaires et annonce pour bientôt un plan pour simplifier les protocoles de vérification.
Malgré tout, l'augmentation de la consommation d'œufs demeure une réalité, notamment grâce à leur coût abordable et à leurs bienfaits nutritionnels. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a également souligné l'importance d'installer de nouveaux poulaillers tout en révisant la réglementation actuelle, jugée trop contraignante.
La question du futur de l'élevage avicole en France est donc emblématique des défis auxquels le secteur doit faire face, entre les attentes des consommateurs, les exigences réglementaires et la nécessité d'assurer un approvisionnement constant. Comment le secteur saura-t-il naviguer entre ces différents enjeux ?







