Les remarques provocatrices d'un député du Rassemblement National (RN) ont déclenché une tempête de réactions à l'Assemblée nationale jeudi dernier. Lors des discussions sur le pacte Dutreil, Frédéric Pierre-Vos, député de l'Oise, a fait référence de manière ironique au génocide des Tutsi au Rwanda, entraînant des condamnations immédiates. 'La résistance à l'oppression, c'est de ne pas confondre égalité et égalitarisme et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu'ils étaient plus grands', a-t-il affirmé, provoquant un tollé général.
Cyrielle Chatelain, la présidente du groupe Écologiste et social, a dénoncé des propos 'honteux', les qualifiant d'attitude négationniste. Elle a ajouté : 'Comparer la juste contribution des Français à un génocide est inacceptable.' Hervé Berville, député Renaissance et orphelin tutsi, a également qualifié cette phrase d'intolérable, soulignant que cela inverse les rôles de victimes et de bourreaux. 'Il reste encore beaucoup à faire pour que le génocide des Tutsi au Rwanda soit pleinement reconnu', a-t-il déclaré.
Le groupe macroniste a également exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, rappelant que le génocide au Rwanda avait fait plus de 800 000 morts, principalement des Tutsi, exterminés entre avril et juillet 1994. Boris Vallaud, président du groupe PS, a fait appel au bureau de l'Assemblée nationale pour prendre des sanctions contre ce type de propos.
Marie-Agnès Poussier-Winsback, présidente de séance, a assuré qu'elle saisirait la présidente de l'Assemblée sur cette question délicate. En réaction aux critiques, Jean-Philippe Tanguy, porte-parole du groupe RN, a présenté des excuses, affirmant que 'nous honorons la mémoire des victimes du génocide au Rwanda'.
Cette situation met en lumière l'importance de la reconnaissance des atrocités passées et soulève des questions sur la sensibilisation à la mémoire historique en France. Alors que le débat fait rage, de nombreux élus et experts appellent à une prise de conscience collective pour éviter que de telles comparaisons n'entravent le travail de mémoire.







